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Mars 2004

CONSTRUIRE UN AVENIR DE PROGRÈS  

Nous voulons, pour notre pays et pour l’ensemble de l’Europe, que la justice pour tous et l’épanouissement de chacun soient les clés de voûte du projet de société.

Nous voulons que chacun puisse construire ce projet et travailler à :    

Ranimer la démocratie

Faire vivre le pacte républicain

Promouvoir la laïcité

Maintenir l’éducation et la formation hors des lois du marché

Réduire les inégalités

Renforcer les liens de la solidarité

Définir de nouveaux critères de gestion des affaires politiques et économiques  

Mieux informer les citoyens

Repenser les équilibres internationaux

 

Res Publica, démocratie, liberté, progrès social, solidarité, épanouissement de chacun, ces mots là ont-ils encore un sens ? Au-delà des espoirs qu’ils laissent entrevoir, au-delà de ce que chacun peut y mettre, c’est une interrogation de fond sur la vie politique, son contenu et ses perspectives, que nous souhaitons mener.

oOo

Nous nous interrogeons

Comment répondre aux besoins du plus grand nombre et comment mettre l’économie au service de tous ?

Comment repenser la démocratie et le bien commun ? Comment réhabiliter le sens du service qui est la seule éthique acceptable pour l’État et l’Administration ? Comment rénover les services publics ?

Comment se réapproprier la démocratie aujourd’hui confisquée ? Comment provoquer chez nos dirigeants une prise de conscience de la gravité de la situation et comment développer une conception renouvelée de la démocratie ?

Comment réintégrer les citoyens dans la démocratie ? Comment assurer l’éducation et la formation de tous en dehors des enjeux du marché ? Comment favoriser la qualité et l’indépendance des médias ?

Dans la gestion des affaires politiques et économiques, dans la formation des citoyens, quels sont les critères à conserver et ceux à rejeter ?

Nous nous interrogeons sur cette « crise du capitalisme » – évoquée depuis longtemps par de nombreux sociologues –, ce capitalisme qui semble se retourner contre lui-même. Aujourd’hui, aucune pensée alternative globale n’offre de perspective ; le système capitaliste a-t-il et aura-t-il toujours la capacité de se réformer pour survivre, ou est-il définitivement perdu ? Quels sont les véritables moyens de régulation à instaurer aux niveaux local, régional, national et international ?

Les entreprises n’ont jamais créé autant de richesses ni réalisé autant d’innovations et les groupes multinationaux sont à ce jour capables d’imposer leur volonté. Or jamais les inégalités n’ont été aussi fortes et jamais la destruction de richesses n’a été aussi grande. L’économie dogmatique s’impose à tous, elle a oublié ses pères fondateurs qui la pensaient économie politique. L’argent, d’un outil pour permettre à l’économie de fonctionner, est devenu une fin en soi.

Comment faire pour que les entreprises soient véritablement orientées vers la création de valeurs durables ? Comment mettre fin à la précarité du travail pour jouir d’une stabilité qui favorise la créativité et le goût de travailler ensemble ? Comment rééquilibrer les rapports de force au travail ?

Nous cherchons à mieux cerner les attributs de la puissance : les États-Unis d’Amérique sont à la fois de plus en plus vulnérables et en même temps de plus en plus conquérants. Cette situation paradoxale fragilise-t-elle ou renforce-t-elle les pays qui, comme la France, s’estiment proches de cette super-puissance ? La pouvoir de demain repose-t-il sur la capacité à produire du rêve pour les peuples ou est-il lié à la supériorité financière, technique et militaire ? Nous voulons réussir à définir la place de l’Europe dans les enjeux mondiaux et surtout nous cherchons à comprendre pourquoi l’Europe a déçu les espérances mises en elle.  Comment positionner la France et l’Europe face aux enjeux internationaux ? Quel projet européen porter ?

La laïcité, qui constitue le ciment des sociétés multiculturelles, est-elle de nature à offrir des perspectives de paix dans le monde, ou sommes-nous condamnés au « choc des civilisations » annoncé par certains ? Il faut aussi aborder la place du religieux dans nos sociétés.

Sommes-nous à la veille d’une période d’épanouissement pour l’humanité toute entière ou bien dans le produit mécanique du développement technique et d’une culture mondiale unique ? L’uniformisation des discours et des actes masque-t-elle une impuissance, une acceptation enthousiaste ou un bouillonnement porteur de révoltes ?

Les lieux d’échange se multiplient. Ils expriment la recherche de nouvelles formes de citoyenneté. Cette recherche est même capable de déboucher sur des actions spectaculaires à l’échelle mondiale. Est-ce là l’expression de forces de rappel quand une pression trop forte est subie par la population, ou la base d’un projet nouveau ? Et comment donner forme à ce projet ?

Nous voulons comprendre le monde dans lequel nous vivons.

 

 Et nous voulons proposer et  agir

Nous voulons recréer des relais entre la pensée politique et l’action. Le sentiment d’impuissance, d’absence de perspective, d’impossibilité à infléchir le sens des événements est désormais largement partagé. Ce sentiment se double d’une vision souvent pessimiste de l’avenir.

Nous voulons agir pour qu’un projet se donnant pour finalités la justice pour tous et l’épanouissement de chacun soit construit par les citoyens. Nous voulons agir pour répondre aux mécontentements et aux malaises d’aujourd’hui. Nous voulons être un lieu de rencontre pour échanger sur les perspectives à offrir afin que la spirale infernale de la violence et de la frustration ne soit pas le seul avenir. Et pour cela nous proposons :

1.       La clarification des compétences et des échelons politiques entre Europe, Etat et collectivités locales afin de faciliter la reconnaissance par les électeurs des vertus et des responsabilités des élus :

Renforcer les missions de l’Etat en acceptant certains transferts ciblés de compétences aux collectivités locales.

Avoir une lecture critique du projet de Traité constitutionnel et revenir au principe de projets européens.

Promouvoir l’impôt comme outil de politique publique au service de l’ensemble des citoyens. Avoir un discours positif sur l’impôt et sur le compte-rendu précis de son usage à la Nation.

 Information systématique à l’Assemblée nationale de la part du gouvernement sur les débats au Parlement européen.

La possibilité pour le Parlement d’émettre une réserve sur la ratification d’un traité doit être exploitée.

2.        Le renforcement de l’instruction civique et du sentiment d’appartenance à la citoyenneté.

Renforcer les moyens des chaînes télévisuelles publiques, avec des cahiers des charges plus ambitieux. La télévision est le premier facteur d’éducation populaire.

Faciliter les formes d’engagements associatifs et humanitaires, les intégrer dans les parcours professionnels et de formation initiale. Dans le même temps, lier compétences et expériences pour des missions à l’étranger.

Rendre son caractère solennel à différents « passages » : remise de diplômes dans l’éducation nationale, de livrets en mairie à l’occasion de la majorité et donc du droit de vote… Repenser la fête nationale pour favoriser l’envie d’être ensemble.

3.        De faciliter l’accès aux fonctions électives et rétablir le lien entre « société civile et société politique » :

Limitation du cumul des mandats dans le temps. Pas plus de deux mandats exécutifs consécutifs dans les mêmes fonctions et dans le même lieu. Possibilité de retour après un mandat.

Renforcement du droit du travail pour les salariés du secteur privé en cas d’exercice d’un mandat et possibilité de retour à l’emploi. Valorisation de l’expérience et du temps consacré à l’exercice de ce mandat.

Réforme du mode de scrutin :

Aux européennes, retour à la circonscription nationale.

Élections au suffrage universel des instances intercommunales ; listes établies à l’avance.

Limitation des candidatures par une obligation de parrainage pour les élections à la proportionnelle.

4.        Une société civile et syndicale

Définir un rôle plus actif pour les associations de consommateurs (par exemple : entrée dans les CA des entreprises)

Renforcer le rôle et la légitimité des organisations syndicales

Valoriser les Conseils économiques et sociaux nationaux et européens.

5.         L'information systématique du Gouvernement


 
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Groupes d'études qui, avec l'aide d'experts, élaborent des analyses et des propositions pour la construction d'un monde de paix, de justice et de progrès.