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L4-001 - Mars 2005

 L'avenir du capitalisme 

par Jean-Luc Gréau   Ed. Gallimard, 2005, 304 p., 19 euros

 

JeanLuc Gréau sort du sérail, c'est un ancien responsable salarié du MEDEF, il connaît bien "la boutique" et doit savoir de quoi il parle. Et ce qu'il dit sur le sujet de la mondialisation est du nouveau cours du capitalisme est plutôt  rafraîchissant,  voire provoquant quand  cet homme d'expérience se plaît à citer Marx, à dénoncer la déflation salariale et la plus-value relative que représente la montée des profits liée à la baisse de la part des salaires. Sans citer l'actuel responsable du Medef, l'auteur se fait critique à son égard quand  il évoque des « beaux esprits [qui] s'expriment couramment sur le thème de la "société du risque", [sans voir que] le risque majeur [est] un risque collectif suscité par la formation des bulles spéculatives » qui naissent sur les marchés financier ou immobilier. 

Pour l'auteur l'avenir du capitalisme est assez sombre et pour en sauver la dynamique à défaut de l'esprit, Jean-Luc Gréau propose dans un convaincant effort de prospective :

d'instaurer le protectionnisme aux frontières de chacune des grandes zones économiques homogènes qui structurent le monde de manière à pouvoir lutter à armes égales entre égaux ,
de supprimer la Bourse, pour passer d'une situation où chaque actionnaire « zappe » d'un titre à l'autre à une relation stable et durable entre apporteurs de capital et entreprises ,
de remplacer le règne impérial du dollar par des monnaies régionales à taux de change ajustable, de type écu .

Ces propositions quelque peu révolutionnaires s'arqueboutent sur la thèse que le capitalisme, gigantesque machine à produire des richesses, voit aujourd'hui sa dynamique s'essouffler

la mondialisation appauvrit le monde plus qu'elle ne l'enrichit, par la pression à la baisse exercée sur les salaires et les emplois dans les sociétés de vieille industrialisation ; 
la locomotive américaine ne tire le train mondial qu'à coups de déficits et d'endettement croissant des ménages ; 
la Bourse encourage la spéculation au lieu de financer l'accumulation du capital et la croissance; 
les crises financières empêchent les nations en émergence de sortir de la nasse. 

L'analyse est souvent intéressante, la thèse argumentée, aux antipodes de l'orthodoxie néolibérale. Ce travail mérite que l'on s'y attarde histoire de prendre contact avec une vision de l'état de l'économie monde bien ancrée dans le réel et de retenir certaines options, utopiques par certains cotés, mais au combien vivifiantes et propices au calibrage de vrais solutions.


 
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