
Nous
vivons, en Europe, un paradoxe singulier : l'ouverture des
frontières y est perçue comme un surcroît de contraintes.
La mondialisation est ressentie comme un enfermement
disciplinaire. Toute reforme sociale est vécue comme
l'annonce d'une régression. Pire encore : ce qui est mis en
doute, c'est la capacité d'action des décideurs politiques.
Ce qui paraît profondément en crise, c'est la démocratie
elle-même et la possibilité pour les peuples de choisir leur
avenir. Nos sociétés paraissent minées par un sentiment de
précarité, d'insécurité, de souffrance sociale.
Que nous arrive-t-il ? Comment expliquer
ce désenchantement, plus dangereux à terme qu'on ne
l'imagine ? Sur quoi se fonde cette insidieuse résignation ?
Dans ces pages dérangeantes, Jean-Paul Fitoussi incrimine ce
qu'il appelle la "politique de l'impuissance". Il
explique de quelle façon - et avec quelle folie ! - la
plupart des dirigeants européens s'accommodent d'une
croissance faible et d'un chômage de masse, alors même que
ces deux questions justifieraient une tout autre politique. Les gouvernements européens n'arrêtent pas de s'imposer des dogmes libéraux... Ils sont bien les seuls à s'enfermer dans ce carcan quand les Etats-Unis savent si bien s'en affranchir ! Pis, ils transforment en contraintes, alors qu'elles sont des chances,
et la construction européennes et l'ouverture mondiale des
économies.
Dans
cette libre conversation avec Jean-Claude Guillebaud, il
montre comment responsables et commentateurs donnent
l'impression de courir derrière un "modèle" qui
n'existe nulle part dans le monde. Sur les grands débats du
moment, l'un des meilleurs économistes européens s'efforce
ici de parler sans détour.
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Editeur(s) : Arléa
Collection : ESSAIS
Date de Parution : 21/01/2005