FAITS EN PERSPECTIVES

F4-005 - Décembre 2007

1000 € : mesure ponctuelle ou tournant discret ?

Un fait nouveau

La possibilité offerte aux salariés de recevoir une prime de 1000 € non imposés et sans charges sociales : c’est une des mesures annoncées en cette fin d’année pour contribuer à la relance du pouvoir d’achat.

Une analyse

On ne peut que se réjouir d’un tel versement : les temps sont difficiles pour beaucoup de salariés. De son coté, le gouvernement voit dans cette mesure un bon moyen de faire baisser la pression politique sur l’augmentation des salaires.

On pourrait s’en réjouir, le conditionnel est de mise car rappelons que :

Ø      Les impôts financent les dépenses publiques : sécurité, éducation nationale, routes, justice, …

Ø      Les charges sociales financent les retraites, les dépenses de santé, les indemnités chômage, …..

Les charges sociales sont payés d’une part par les employeurs et d’autre part par les salariés : elles se répartissent, en gros, 1/3 pour les salariés et 2/3 pour les employeurs. Ainsi, pour les salariés, le salaire net versé est d’environ 82% du salaire brut qui est indiqué sur la fiche de paie et sur le contrat de travail.

Les salariés et les employeurs d’aujourd’hui paient donc des cotisations qui financent les retraites des retraités d’aujourd’hui, les soins pour les malades d’aujourd’hui, et les indemnités pour les chômeurs d’aujourd’hui. C’est la solidarité par répartition.

Bien entendu, les salariés peuvent en plus adhérer à une mutuelle et épargner dans un fonds de retraite.

1000 € sans charge, cela veut donc dire moins de cotisation, moins de solidarité. A moins de cotiser à des mutuelles et d’épargner dans un fonds de retraite. Si tel est le cas, il ne s’agit plus de 1000 €, mais de 1000 € diminués des cotisations ; pour ceux qui le veulent.

Quelles perspectives ?

« Juste une fois » : une prime en forme de cadeau de Noël au moment des fêtes pour faire oublier que les temps sont difficiles pour la France d’en bas et que ça va durer. Toutefois, la solidarité se poursuit entièrement sur une base de répartition avec des compléments possibles pour ceux qui le souhaitent.

 « Tant pis pour eux » : une richesse momentanée en trompe l’œil qui obère le niveau de vie de tous et qui annonce une fin progressive des cotisations; un cadeau empoisonné car mieux vaut être jeune, en bonne santé et avec un emploi que retraité, ou de santé fragile, ou sans emploi.

 « Virage discret » : évolution progressive de l’obligation vers le volontariat pour le versement des charges. Il faut en imaginer les conséquences possibles en matière de retraites pour demain et de santé publique pour aujourd’hui. Ainsi seuls ceux qui pourront cotiser à des systèmes privés de couverture santé et qui y auront pensé assez tôt pourront avoir une vie décente.


 
  
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