FAITS EN PERSPECTIVES

F4-001 - Septembre 2005

Pétrole : maximum de production, cyclone aux Etats-Unis : quelles réactions ? 

Un fait nouveau

 Le prix du pétrole est élevé depuis plusieurs mois et les interrogations vont bon train : a-t-on dépassé le « peak oil » pour entrer dans une nouvelle époque, celle de la rareté croissante du pétrole ? est-ce la demande ou la spéculation qui tire les prix à la hausse ?

 A cette situation s’ajoutent les conséquences de l’ouragan Katrina : raffineries hors d’usage, golfe du Mexique considéré désormais comme une zone à risque par les assurances et les investisseurs, importations massives de produits pétroliers finis en provenance des pays membres de l’AIE, tous solidaires des Etats-Unis.

 Une analyse

 Si la date de l’épuisement des ressources pétrolières fait débat, il est certain que les experts du secteur de l’énergie s’accordent sur plusieurs points : manque d’investissement dans la recherche et la mise en exploitation de nouveaux gisements, concurrence croissante entre les acheteurs de pétrole vis à vis des producteurs (les Etats-Unis et l’Asie en développement rapide en particulier), manque de capacités de raffinage aux Etats-Unis, sans oublier les tensions géopolitiques dans les régions pétrolifères.

 Il est par ailleurs certain que le mode de vie des Etats-Unis ne changera pas, pour des raisons sociales et historiques, avant longtemps. Et il est certain que la demande croissante des pays en développement (Chine, Inde, …) fera appel massif au pétrole dans les prochaines décennies. La substitution d’autres énergies au pétrole et les actions contre les émissions de gaz à effet de serre sont pour le moment et pour plusieurs années limitées.

 Si l’on pense savoir que les ressources pétrolières de la Terre sont limitées à la consommation de quelques décennies, on sait que de nouvelles technologies peuvent permettre une meilleure exploitation des gisements. Le tout est d’investir plus en limitant le poids de ces investissements sur l’économie.

 Quelles perspectives ?

 Comment maintenir la compétitivité des économies et engager la relance en Europe ? Comment les compagnies d’assurance vont-elles intégrer les nouveaux risques et combien cela va-t-il coûter aux économies ? Comment les compagnies pétrolières vont-elles financer les investissements nécessaires ?

 Les chocs pétroliers de 1973 et 1979 avaient été suivis par des années de forte inflation. L’inflation a permis de limiter les effets de ces chocs en diminuant le coût réel du pétrole pour les pays développés. Et la rente pétrolière a été un moyen de financer et le développement de certains pays producteurs et l’achat massif d’équipements par les pays producteurs aux pays développés.

 On peut parfaitement imaginer une situation comparable dans les prochaines années : l’inflation pèse sur les citoyens mais limite l’impact des crises sur les grandes économies. Mais rien n’est sûr : l’économie est aujourd’hui extrêmement imbriquée et rien ne dit que les pays en développement rapide ni les habitants des pays touchés par un chômage durable acceptent de subir de nouvelles pressions.

 On peut également imaginer une relance sélective : de même que le Pentagone et le DHS injectent des milliards de dollars dans l’économie américaine, la rente pétrolière peut être utilisée pour ajuster les rythmes de développement et les conditions de concurrence entre les pays émergents et l’Amérique du nord.

 Peut-on envisager un rôle particulier de l’Europe où la croissance est faible et le chômage élevé ? Comment l’euro sera-t-il ajusté par rapport au dollar ? Quelles initiatives seront prises pour maintenir le niveau de vie des européens ?


 
   
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