
Les faits
Le Conseil de
l’Europe a rendu public, à la suite de l’action de
plusieurs ONG françaises, une critique de la politique française
du logement. Plus précisément, l’offre de logements
accessibles aux plus pauvres et le rythme de construction de
logements sociaux sont insuffisants.
Une analyse
Le
nombre de logements sociaux est insuffisant pour répondre aux
attentes des plus pauvres. Avec la hausse du prix de l’énergie,
avec l’envolée du prix des logements, ce sont également
les familles des classes moyennes qui voient leur pouvoir
d’achat baisser ; conséquences : l’accès à la
propriété devient de plus en plus difficile, l’accès à
des logements locatifs de bonne qualité et situés à une
distance acceptable du lieu de travail devient de plus en plus
coûteux.
En même
temps, les jeunes qui entrent dans la vie active doivent faire
face à des difficultés croissantes ; leurs revenus
souvent insuffisants et la précarité de leur contrat de
travail limitent fortement les options possibles :
habiter dans un petit logement payé cher, co-habiter, passer
un temps considérable dans les transports, rester plusieurs
années au domicile de leurs parents, …
Par ailleurs,
tout le monde s’accorde pour constater l’insuffisance de
la construction de logements, alors qu’il faut moderniser
les villes et les rendre plus « durables ». Le
« Grenelle de l’environnement » doit aboutir à
un dispositif législatif complet dans les prochains mois. Il
doit se concrétiser par des actions ambitieuses en faveur du
développement durable : rénovation lourde de
l’habitat, économie d’énergie, densification des villes,
gestion de l’espace urbain pour rapprocher habitat et lieu
de travail, … Qu’en sera-t-il pour le logement social et
pour le logement des jeunes ?
Outre
les questions sociales et environnementales dont nos
concitoyens sont de plus en plus
conscients, on peut se demander si le mode de
financement de la construction de logements neufs et de la rénovation
lourde de logements anciens est cohérent avec les intérêts
mêmes de l’industrie du bâtiment :
Ø
favoriser l’accès à la propriété risque de
trouver bientôt sa limite faute de demande solvable
Ø
la construction de logements sociaux conformes
aux exigences du Grenelle de l’environnement est un peu plus
chère et risque de peser sur les collectivités locales qui
limiteront alors leurs commandes
Quelles perspectives ?
Reprendre
la main : les collectivités locales actualisent leur
politique d’aménagement du territoire afin de densifier la
ville et de rapprocher habitat et lieux de travail. En même
temps, elles développent un parc locatif moderne, économe en
énergie, proche des transports en commun. Les loyers sont
calculés en tenant compte de la durée du vie des bâtiments,
du coût de construction et des dépenses d’entretien. Le
financement est réalisé en garantissant une rémunération
durable et satisfaisante à l’investisseur, qu’il soit
public ou privé. Notre pays montre qu’il aime sa jeunesse.
Entretenir la myopie : prix et loyers sont
fixés pour en tirer un profit maximum à court terme, comme
si les leçons tirées de la crise des subprimes étaient si
difficiles à appliquer ; la ségrégation de l’espace
urbain s’amplifie ; les conséquences environnementales
s’aggravent ; au lieu de tirer partie des espoirs mis
dans le développement durable, le secteur du bâtiment
s’effrite et son activité s’étiole. Les jeunes souffrent
de plus en plus du conservatisme et de la médiocrité d’un
grand nombre de décideurs..
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