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F3-003 - Juin 2008

Le Conseil de l’Europe critique la politique du logement 

Les faits

Le Conseil de l’Europe a rendu public, à la suite de l’action de plusieurs ONG françaises, une critique de la politique française du logement. Plus précisément, l’offre de logements accessibles aux plus pauvres et le rythme de construction de logements sociaux sont insuffisants.

 

Une analyse

 Le nombre de logements sociaux est insuffisant pour répondre aux attentes des plus pauvres. Avec la hausse du prix de l’énergie, avec l’envolée du prix des logements, ce sont également les familles des classes moyennes qui voient leur pouvoir d’achat baisser ; conséquences : l’accès à la propriété devient de plus en plus difficile, l’accès à des logements locatifs de bonne qualité et situés à une distance acceptable du lieu de travail devient de plus en plus coûteux.

 En même temps, les jeunes qui entrent dans la vie active doivent faire face à des difficultés croissantes ; leurs revenus souvent insuffisants et la précarité de leur contrat de travail limitent fortement les options possibles : habiter dans un petit logement payé cher, co-habiter, passer un temps considérable dans les transports, rester plusieurs années au domicile de leurs parents, …

Par ailleurs, tout le monde s’accorde pour constater l’insuffisance de la construction de logements, alors qu’il faut moderniser les villes et les rendre plus « durables ». Le « Grenelle de l’environnement » doit aboutir à un dispositif législatif complet dans les prochains mois. Il doit se concrétiser par des actions ambitieuses en faveur du développement durable : rénovation lourde de l’habitat, économie d’énergie, densification des villes, gestion de l’espace urbain pour rapprocher habitat et lieu de travail, … Qu’en sera-t-il pour le logement social et pour le logement des jeunes ?

 Outre les questions sociales et environnementales dont nos concitoyens sont de plus en plus  conscients, on peut se demander si le mode de financement de la construction de logements neufs et de la rénovation lourde de logements anciens est cohérent avec les intérêts mêmes de l’industrie du bâtiment :

 Ø      favoriser l’accès à la propriété risque de trouver bientôt sa limite faute de demande solvable

Ø      la construction de logements sociaux conformes aux exigences du Grenelle de l’environnement est un peu plus chère et risque de peser sur les collectivités locales qui limiteront alors leurs commandes

 

Quelles perspectives ?

 Reprendre la main : les collectivités locales actualisent leur politique d’aménagement du territoire afin de densifier la ville et de rapprocher habitat et lieux de travail. En même temps, elles développent un parc locatif moderne, économe en énergie, proche des transports en commun. Les loyers sont calculés en tenant compte de la durée du vie des bâtiments, du coût de construction et des dépenses d’entretien. Le financement est réalisé en garantissant une rémunération durable et satisfaisante à l’investisseur, qu’il soit public ou privé. Notre pays montre qu’il aime sa jeunesse.

 Entretenir la myopie : prix et loyers sont fixés pour en tirer un profit maximum à court terme, comme si les leçons tirées de la crise des subprimes étaient si difficiles à appliquer ; la ségrégation de l’espace urbain s’amplifie ; les conséquences environnementales s’aggravent ; au lieu de tirer partie des espoirs mis dans le développement durable, le secteur du bâtiment s’effrite et son activité s’étiole. Les jeunes souffrent de plus en plus du conservatisme et de la médiocrité d’un grand nombre de décideurs..

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