
Un fait nouveau
Dans son
message sur l’état de l’Union, le Président des
Etats-Unis insiste particulièrement sur la nécessité de réduire
la dépendance énergétique. Pour cela, plusieurs types de
mesures : réduire de 75% la dépendance pétrolière vis
à vis de zones instables ; accélérer les efforts de
R&D sur les énergies propres (nouvelles technologies
charbon, énergies renouvelables, énergie nucléaire) ;
réduire la demande en pétrole des voitures (propulsion
hybride, bio-carburants).
La prééminence
technologique et scientifique est incontournable pour réussir
ces changements. C’est pourquoi la R&D est prioritaire,
et qu’elle doit tirer profit des partenariats public-privé
traditionnels aux Etats-Unis. C’est pourquoi
l’enseignement des mathématiques et des sciences doit être
développé et concerner un nombre grandissant d’enfants.
Une analyse
Ces
orientations sont dans la droite ligne de celles adoptées et
concrétisées ces dernières décennies. Rappelons-nous de
l’intense effort de R&D lié à l’initiative de défense
stratégique (la « Guerre des étoiles ») de
Ronald Reagan et le développement spectaculaire des NTIC
pendant les 8 années des mandats de Bill Clinton.
Plus récemment,
la loi sur l’énergie d’août 2005 a tracé la voie de la
sécurisation de l’approvisionnement en énergie. Les
risques de tension et de crises géopolitiques sont réels :
instabilité des zones où sont localisés les gisements
d’hydrocarbures, risques de pénurie physique (le « peak
oil »), mise en concurrence des clients par les pays
producteurs qui souhaitent augmenter leurs revenus et les préserver
dans le temps.
La
gestion de cette situation est rythmée dans le temps et dans
l’espace : à court terme, la guerre en Irak et
l’exploitation de ressources dans des régions a priori plus
stables (Asie centrale, golfe de Guinée), à moyen terme, les
bénéfices attendus de la R&D permettant de valoriser les
ressources des Etats-Unis (charbon, bio-masse, avance
technologique), à long terme un effort accru de formation
d’ingénieurs et de techniciens capables de prendre le
relais des baby-boomers qui commencent à partir massivement
à la retraite.
Quelles perspectives ?
Ces
orientation sont couronnées de succès : si rien n’est
fait, l’UE et ses Etats membres sont laissés en arrière
pour des décennies.
Ces
orientations ne sont pas couronnées de succès : les
tensions géopolitiques et la concurrence sur les ressources
énergétiques s’intensifient encore : l’UE risque là
aussi de rester en arrière faute d’une stratégie énergétique
réaliste et faute d’une diplomatie active visant la sécurité
d’approvisionnement à long terme.
Que donnera le prochain Conseil européen sur l’énergie ?
Que peut-on attendre du prochain sommet du G8 ? La France
qui a réussi à préserver une indépendance énergétique
satisfaisante sera-t-elle un exemple pour l’UE ou
s’alignera-t-elle sur des positions purement idéologiques