
Les faits
A l’occasion
d’un débat parlementaire sur le rapport de l'Office
parlementaire d'évaluation de la législation (OPEL),
plusieurs médias se sont intéressés à ces 39 autorités
administratives indépendantes créées ces dernières années.
Bien entendu,
des sujets de grand bon sens sont apparus : indépendance
vis à vis de qui ? une autorité administrative
peut-elle être indépendante ? de quels moyens
sont-elles dotées et ces moyens sont-ils justifiés et bien
utilisés ? comment régler les éventuels contentieux ?
Une analyse
Ces autorités
sont apparues progressivement, que ce soit pour s’intéresser
à des domaines nouveaux ou dont le fonctionnement est
bouleversé par le progrès technique (la CNIL), ou pour
assurer la régulation d’un secteur d’activité économique
(la CRE, l’ARCEP, …).
Elles répondent
à des constats de plusieurs natures :
Elles
mobilisent des compétences jugées indépendantes car protégées
de l’influence gouvernementale par le caractère irrévocable
et non renouvelable de leur mandat. Elles créent ainsi un véritable
droit dérivé concernant leur secteur d’activité, une fois
les textes législatifs adoptés par le Parlement et promulgués.
Elles sont considérées ensuite comme légitime pour faire
appliquer ce droit dérivé dans la quasi-majorité des
situations.
Quelles perspectives ?
Plusieurs
perspectives sont envisageables selon, par exemple, les
attentes des citoyens ou la volonté des associations de
consommateurs :
Le droit
dérivé créé par les autorités et les prérogatives de
dire le droit sont jugés exorbitant et mettant en cause la
dynamique d’un secteur économique (comme cela a été le
cas au Royaume-Uni où l’autorité de régulation des télécommunications
a été considérée un moment par certains experts comme
faisant obstacle à la R&D). Il en résulte une série
infinie de contentieux dans les différentes instances, du
tribunal administratif à la cour de justice européenne.
Les
entreprises et les consommateurs s’allient pour obtenir des
arrangements à court terme sur les prix et les services
rendus, avant de se déchirer une fois le pouvoir des autorités
considéré comme suffisamment réduit.
Le Parlement et l’Etat se retrouvent d’accord pour utiliser au mieux
les fonds publics alloués aux autorités et limiter la
multiplication des dépenses ; les experts des autorités
deviennent des experts auprès des commissions du Parlement,
les autorités en tant que telles sont supprimées, et les prérogatives
parlementaires sont enrichies et surtout mises en œuvre.