NOTE DU COMITE CINCINNATUS

A5-001b - Avril 2007

DOSSIER EAU : Développement et puissance économique

 

On peut aujourd’hui établir un lien direct entre le volume d’eau disponible et la capacité de développement économique d’un Etat. En effet ,comme l’énergie, l’eau est une ressource première à toute activité de production agricole ou industrielle.

Les travaux du chercheur Hollandais Argen HOELESTRA sur la définition du concept d’empreinte écologique appliqué à l’eau permettent de connaître la quantité totale d’eau utilisée pour un individu ou par un pays pour l’ensemble des biens et services produits ; c’est une forme de corrélation entre le PIB et les besoins en eau. Le climat et la consommation intérieure (volume et nature) sont les deux facteurs déterminant l’importance des besoins en eau de l’Etat. L’empreinte en eau des Etats-Unis est vingt cinq fois supérieure à celle de l’Inde alors que sa population est trois fois inférieure. Ces recherches permettent d’alimenter la réflexion sur les types de production à mettre en œuvre dans les pays soumis à une raréfaction de la ressource en eau.

A titre d’exemple la production d’un kg de bœuf demande la mise à disposition de près de 15 000 litres d’eau propre à la consommation. Un kg de café torréfié engloutit 21 000 litres …

Les Etats devraient intégrer ces éléments dans la définition de leur production nationale et de leurs échanges internationaux. A défaut de pouvoir importer directement de l’eau autant acheter des denrées ou produits dont la création a demandé beaucoup d’eau et vendre des biens à faible empreinte en eau.

Les échanges internationaux pourraient alors être examinés en terme de balance commerciale mais aussi de « balance hydrique ». Un pays soumis à des difficultés d’alimentation en eau devrait maintenir une balance hydrique positive alors que d’autres Etats comme le Canada, le Brésil, pourraient se permettre d’être exportateurs net d’eau. L’utilisation de ces concepts permettrait d’optimiser le développement économique au regard du facteur limitatif qu’est à moyen terme la ressource en eau disponible.

L’accès à une eau de quantité (non salée, non polluée) est le facteur limitatif principal du développement démographique et économique. La pénurie en eau ou la mauvaise qualité de celle-ci provoque directement la maladie et la mort. Lorsque la quantité est juste suffisante pour la consommation des hommes, elle induit une activité humaine tournée vers la subsistance où une part très importante du temps disponible est passée à se procurer cette eau vitale. L’eau étant néanmoins insuffisante pour le développement de l’agriculture (par irrigation) c’est la malnutrition qui provoque la maladie et les décès prématurés. L’Afrique est quotidiennement soumise à ce malthusianisme. L’accès à l’eau est bien le facteur limitatif principal de la démographie. Si nous souhaitons apporter au monde, comme le prévoit l’objectif du millénaire (ODM défini en 2000), l’accès à l’eau et à l’assainissement, il faut alors prévoir dès aujourd’hui les conséquences démographiques que cela induira inévitablement. On ne peut pas promouvoir un programme légitime et se désintéresser de ses effets.

L’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’eau de qualité agricole, si nous parvenons à mener à bien ce projet mondial pour 2015, améliorera très sensiblement la morbidité et la mortalité et conduira à un accroissement démographique important des Etats les plus pauvres. Nous devrions donc dès à présent anticiper cette évolution démographique, mener de façon concomitante les actions favorisant le développement économique qui permettraient à ces Etats d’absorber cette accroissement démographique et limiter la progression par l’éducation et la mise à disposition de moyens de contraception.

Nous pouvons nous interroger sur la réalité de la volonté de nos pays riches de parvenir à l’objectif du millénaire qu’ils ont adopté en 2000 : réduire de moitié en 15 ans la proportion de personnes privées d’accès à l’eau et à l’assainissement. Nos Etats n’ont-ils pas cyniquement, face au volume d’investissement nécessaire (150 milliards de $ par an) et à l’éventuel risque d’explosion démographique, préféré ne rien faire ?

Dans les pays plus avancés, la quantité et la qualité d’eau disponible pourrait selon les théories d’Argen HOELESTRA être un facteur limitatif de développement économique. En effet, si un pays peut se caractériser par son « empreinte en eau » alors le volume de la ressource disponible permet de déterminer le plafond de biens que le pays peut produire. Ce plafond pourrait cependant évoluer soit en procédant à des importations d’eau (eau réelle ou virtuelle) soit en modifiant « l’empreinte en eau » par un changement des modes de consommation.

Dans cette nouvelle perspective les Etats les plus riches en eau (comme le Brésil, le Canada, la Russie, la RDC,…) deviendraient comme aujourd’hui en matière énergétique avec le pétrole des zones stratégiques. Ces nouveaux pays de l’or bleu pourront ainsi exporter à leur guise de l’eau réelle ou des productions fortes consommatrices d’eau (c’est à dire de l’eau virtuelle) vers les pays qui en ont le plus besoin pour assurer leur développement économique et qui sans cela se trouvent plafonnés.

Les pays ayant de faibles ressources en eau devraient certes continuer de développer les moyens de leur subsistance en eau réelle mais pourraient aussi examiner leur balance commerciale en terme de balance hydrique. En veillant bien sûr à ce qu’elle soit positive c’est à dire que le pays importe plus d’eau virtuelle qu’il n’en exporte. Ainsi il fera des économies en eau réelle. L’Inde par exemple court des risques de pénurie alors qu’elle est l’un des pays qui exportent le plus d’eau virtuelle.

Cependant l’application de cette théorie globalisante et mercantile comporte un certain nombre d’inconvénients pour les Etats les plus pauvres en eau. Elle fait peser le risque d’une dépendance alimentaire accrue et donc d’une incertitude liée au commerce mondial et à l’utilisation de l’arme alimentaire. Comme en matière énergétique, les Etats souverains doivent assurer leur sécurité d’approvisionnement et ne pas être trop dépendants de leurs voisins. Il existe donc en matière alimentaire un objectif stratégique de tendre vers l’autosuffisance. Cette conception économique de balance Hydrique doit être utilisée dans une juste mesure et ne doit pas conduire à écarter les investissements nécessaires à l’accroissement de la ressource disponible localement.

Il faut donc trouver le juste équilibre entre la recherche d’un niveau élevé d’auto suffisance alimentaire et le bilan de la balance

Eau : Source de tensions diplomatiques et de guerres ?

« Les Guerres du XXIè siècle auront l’eau pour raison » cette déclaration de Ismaël SERAGALDION (VP de la Banque Mondiale) en 1995 ne manque pas de pertinence même si de guerres à proprement parler il n’y en eu que très peu d’identifiées avec l’eau comme raison principale.

Sur les 1830 discordes transfrontalières intervenues dans le monde depuis 1950, 1228 se sont soldées par des accords de coopération , 507 furent conflictuelles et 21 donnèrent lieu à des guerres. Parmi ces 21 conflits armés, 18 cas ont eu pour territoire le Moyen Orient.

Moyen Orient :

Dans ces 18 conflits l’eau ne fut jamais la première raison du déclenchement des hostilités mais elle reste l’un des éléments déterminant du contexte politique et économique. Israël et la Jordanie sont les deux pays les plus mal approvisionnés en eau non salée. Israël doit donc assurer pour sa survie la sécurité de ses approvisionnements et ne fait pas mystère de l’emploi de tous les moyens pour étancher sa soif. Les heurts commencent en 1951 pour la maîtrise des eaux du Jourdain qui seront massivement pompées dès 1964 pour conduire à l’assèchement de la mer morte qui a perdu 1/3 de sa surface en 50 ans. Pour contrer cette politique Israëlienne, la Syrie et le Liban construisent des barrages en amont. Ces barrages seront détruits par l’aviation Israëlienne en 1967 pendant la Guerre des six jours dont le déclenchement n’était pas lié à l’eau ; les barrages ont été des objectifs secondaires permettrant d’améliorer son accès à l’eau.

Dans cette même région touchée par la sécheresse, la Turquie pays en amont du Tigre et de l’Euphrate a décidé d’intensifier l’exploitation de ces deux fleuves en y construisant des barrages. Le débit de l’Euphrate, qui est de 830 m3/s en Turquie chute à 500 m3/s lorsqu’il arrive en Syrie et à 290 m3/s et à 290 m3/s lorsqu’il traverse l’Irak. La situation très conflictuelle entre la Turquie et la Syrie en 1998 n’a pas conduit à une Guerre ouverte car la Turquie bénéficie de trop d’alliances militaires mais la tension demeure.

En Asie : 

* Depuis 1960, l’Inde et le Pakistan ont signé le Traité des Eaux de l’Indu qui prend sa source au Cachemire indien, traverse le Panjab avant de se jeter dans la mer d’Arabie Karachi. L’Inde contrôle la source, le Pakistan s’est donc toujours inquiété de l’irrigation de ses terres. Cet accord de 1960 a survécu à deux guerres et permet toujours la consultation bilatérale et la médiation avec des visites sur le terrain.

* En 1996, l’Inde et le Bangladesh Ont mis un terme à leur querelles sur le Gange (l’Inde en amont). Désormais les barrages indiens sont tenus de respecter un débit précis.

En Afrique de l’Est :

* L’initiative du bassin du Nil (1999) entre les sept pays intéressés afin d’envisager de réviser l’accord de 1959 qui octroie la part la plus importante à l’Egypte alors que l’Ethiopie utilisateur en amont fournit 86 % des débits et n’en utilise que 0.3 %.

Les données structurelles à l’avenir sont : l’explosion démographique, le changement climatique, la baisse des ressources disponibles de ces régions sèches et la hausse des besoins pour le développement économique.

Tous ces facteurs accroîtront les tensions justifiant des tentatives croissantes d’appropriation des ressources et malheureusement des réponses de plus en plus militaires si nous ne trouvons pas par le droit les moyens d’imposer des solutions régionales ou internationales pacifiques. Nous devons donc créer les outils internationaux permettant d’anticiper et de désamorcer les conflits latents Ne pourrions nous pas instituer dans le cadre général de l’ONU une organisation spécialisée sur l’eau chargée d’une part de proposer sa médiation diplomatique en cas de tension et d’autre part d’investir (grâce au fonds que je vous proposerait ensuite de créer) dans les infrastructures favorisant l’accès à l’eau ?

Les tensions et conflits ne concernant pas que les pays pauvres ou les Etats du Moyen Orient. Les Etats Occidentaux sont et seront eux aussi des sources importantes de déstabilisation pour sécuriser leurs approvisionnements en eau et asseoir leur puissance en maîtrisant cette ressource. Sur ce continent américain n’y a t’il pas les germes de fortes tensions entre le Canada et les Etats-Unis ? Et il est fort à craindre que celles-ci ne fassent que croître à l’avenir en raison des besoins criants en eau des USA. Sauf à ce que le Canada accepte dès à présent sa théorie libérale et l’appropriation de vos ressources en eau par ses compagnies sur votre territoire en vue de l’exportation de millions de m3 vers le sud et l’ouest des Etats-Unis.

Les pompages en Californie excédent de 15 % la capacité de renouvellement des nappes phréatiques. En 50 ans la population est passée de 7 à 34 millions d’habitants. Malgré un stress hydrique croissant de ces régions, les agriculteurs continuent de pomper sans compter car il ne paye l’eau que 2 centimes les 10 m3 alors que le prix de revient est de 2 dollars. C’est une forme de subvention à l’agriculture qu’aucun fermier n’acceptera d’abandonner.

Dans le même temps son voisin Canada dispose de 20% des réserves mondiales qui se trouvent en plus être largement sous exploitées et soumises à une faible pression démographique. Donc bien évidemment, dans un raisonnement libéral il suffit d’acheter l’eau du Canada. Le refus dans le début des années 90 des citoyens canadiens de se laisser engager dans cette voie mercantile et libre échangiste a mis un frein à l’expérience d’exportation d’eau mais les appétits sont toujours là et iront croissant. L’ALENA organisant le libre échange reste à cet égard assez flou et c’est à ce titre que la société SUN BELT WATER a assigné en 1998 la Colombie Britannique pour violation de l’ALENA car la seconde refusait de vendre son eau.

L’eau : une res communis

L’eau est une ressource vitale pour chaque être humain, son prix ne doit en aucune mesure empêcher son accès à une quelconque partie de la population. Riche ou pauvre tout le monde à un droit à l’eau. Et pourtant son prix varie du simple au double. Idéalement chaque particulier devrait payer le même prix indépendamment de sa situation géographique ou payer le prix qu’il peut en fonction de ses revenus (assiette fiscale comme au Québec il me semble). Il faut donc que l’eau soit peu chère afin de garantir l’accès pour tous mais il ne faut pas que son prix soit dérisoire pour éviter le gaspillage.

L’eau en raison de ses caractéristiques doit rester une ressource commune c’est à dire un bien non susceptible d’appropriation privée. Aujourd’hui cela reste un bien public qui n’a pas de prix en lui-même. Les opérateurs privés (dont les deux géants français) pompent, traitent et distribuent l’eau contre un prix mais ne sont pas censés s’approprier la ressource elle-même. Le prix représente le service auquel s’ajoute leurs très importantes marges mais la matière en elle-même n’est pas facturée.

Aujourd’hui l’eau est la ressource la plus précieuse que nous ayons même si nous ne nous en rendons pas compte tous les matins lorsque nous ouvrons le robinet car son prix est ridiculement faible au regard de sa valeur. Mais demain lorsque la ressource en eau de qualité sera de plus en plus rare et localisée, les appétits s’aiguiseront. Certains y verront une source de profit colossal et l’eau pourrait devenir un bien qui se négocie sur le marché mondial avec un mécanisme de régulation pour faire bonne figure. Ce marché ira entre les mains de quelques opérateurs privés qui demanderont aux Etats des concessions à long terme pour pomper et exporter l’eau comme c’est le cas pour le pétrole. Cette politique fiction pourra voir le jour lorsque la pénurie relative frappera les populations solvables et sera suffisante pour rendre viable la création d’un marché.

Privatiser la ressource, ce serait accepter de perdre la maîtrise’ de l’exploitation d’un bien vital pour l’homme, stratégique pour l’économie et structurant pour l’environnement. Tous ces éléments s’accompagnent mal d’une maîtrise privée qui ne perçoit que la rentabilité à court et moyen terme quelles qu’en soient les conséquences. C’est aux peuples et non aux actionnaires de décider globalement comment on gère cette ressource, si on la conserve ou si on la vend, si on la préserve ou si on la pollue.

Ce sont des choix politiques et démocratiques. Si jamais les actionnaires avaient à décider, la ressource ne serait-elle pas protégée qu’au strict minimum légal ? Par ailleurs comme pour les mines ou le bois en Afrique, les pays courraient le risque de voir leurs ressources précieuses pillées pour le seul bénéfice des actionnaires, des pays importateurs et d’une caste d’oligarques.

Penser global, agir local

La répartition globale très inégale de cette ressource à la surface de la terre met notre pays à l’abri d’une pénurie massive. Nos stocks sont encore suffisants et le cycle de l’eau ne nous est pas défavorable avec des pluviométries acceptables. Nous pourrions alors cyniquement nous désintéresser des enjeux globaux. Mais ce serait oublier trois éléments fondamentaux d’une part que la politique c’est aussi une vision de l’homme dans son universalité, un rapport à l’autre et une morale. D’autre part le cycle de l’eau n’a pas de frontière. Et le comportement des hommes dans une région du monde produira à moyen terme des conséquences à l’autre bout de la terre. Et enfin les enjeux en matière d’eau seront à l’avenir suffisamment importants pour déterminer ou influencer les relations diplomatiques, économiques et les flux migratoires. Il nous faut donc anticiper les problèmes certains et les risques à venir afin de proposer des pistes de réflexion et solutions préservant la ressource et l’intérêt de nos concitoyens.

La prise de conscience du caractère partagé de cette ressource et donc de la responsabilité également partagée doit être mondiale. Mais il nous faut agir localement car si à ces enjeux mondiaux nous attendons une réponse globale immédiate et efficace alors nous nous leurrons. Car l’expérience nous montre que la réflexion de la communauté internationale n’a pas encore la maturité suffisante pour anticiper les bouleversements. Aujourd’hui encore elle tente de gérer les crises mais n’arrive pas à les prévenir.

La question du réchauffement climatique est à ce titre intéressante car les enjeux sont majeurs, les experts quasiment unanimes et la Communauté internationale divisée ; les deux plus gros pollueurs refusant de ratifier une convention dont le caractère contraignant est lui-même mesuré.

Nous devons préparer pour nos pays des politiques qui favoriseront une meilleure préservation et gestion de cette ressource. C’est à dire plutôt que de considérer l’eau comme l’une des politiques accessoires qui subit les conséquences des autres politiques de production agricole, énergétique… Ce doit être l’inverse : de la politique de l’eau doit découler la politique agricole, la politique énergétique, l’aménagement du territoire.

Cela ne veut pas dire que nous ne faisons plus rien au nom de la préservation de la ressource mais que nous mettons cette ressource au même rang que les autres ressources stratégiques.

Besoins d’investissements internationaux :

Au titre des objectifs du millénaire, trois sont directement centrés sur l’eau. Ces objectifs sont ceux que la communauté internationale s’est fixée dans le cadre de l’ONU pour les prochaines années.

L’ensemble des Etats s’est accordé pour que d’ici 2015 la moitié de la population privée d’eau soit raccordée. Nous sommes en 2006, il reste 9 ans donc autant avouer de suite que cet objectif ne sera pas atteint car les pays riches ne veulent pas faire les investissements nécessaires.

Cet objectif représente à lui seul un investissement de 100 milliards de $ supplémentaires par an alors que l’aide publique au développement des Etats industrialisés n’est que de 52 milliards par an dont 2 consacrés à l’eau. La générosité des pays riches est déficiente mais au regard des volumes d’investissements nécessaires serait-elle un jour suffisante à elle seule. Des partenariats avec des groupes privés doivent éventuellement être envisagés. Mais le problème de l’eau est que les investissements sont très lourds et ne peuvent être rentabilisé que sur le long terme. Par ailleurs les populations dans le besoin sont le plus souvent trop pauvres pour être solvables au regard d’opérateurs privés. Les expériences récentes au Vénézuéla et en Bolivie ont refroidi leurs ardeurs, elles qui voyaient un Eldorado avec une population qu’elles allaient ponctionner sans mesurer sa pauvreté.

Peut être faut-il comme au Maroc permettre aux entreprises multinationales d’accéder aux marchés rentables d’un pays sous la condition de réaliser des investissements non rentables en faveur des populations démunies ; ce serait une compensation entre un marché rentable et un investissement déficitaire. Cette proposition n’est peut être pas la solution miracle à tous les problèmes mais étant donné les enjeux, il nous faut inventer des montages financiers permettant de mobiliser de forts investissements sans assurer une rentabilité directe.

Nous pourrions ainsi profiter du rééquilibrage des prélèvements pour pollution dans les pays riches comme je vous le proposerai dans quelques instants pour instituer une taxe internationale (de 1 centime par m3 par exemple) alimentant un fonds spécialisé menant dans le cadre de l’ONU des programmes d’aide à l’investissement des pays pauvres. Nous avons bien une taxe sur les billets d’avion pour financer le développement. Pourquoi pas alors une taxe sur l’eau pour financer l’accès à l’eau des plus pauvres. C’est le minimum que nous puissions faire sachant que nous sommes (G8 + Russie + Chine °+ Inde), les principaux responsables des émissions de gaz à effet de serre et donc du réchauffement climatique. Or ce réchauffement aura des conséquences directes sur l’accès à l’eau et la pluviométrie. Nous allons rendre les pays secs encore plus arides, les pays pauvres encore un peu plus pauvres en les privant indirectement de l’accès à l’eau dont ils ont besoin pour se développer. Il est souhaitable que nous prenions conscience de cette enchaînement de causalités et que nous corrigions en conséquence les effets nuisibles de notre développement. Nous devons, nous pays riches, réparer le préjudice que nous faisons subir aux pays les plus arides et les plus pauvres en investissant dans des infrastructures permettant l’accès à l’eau des populations et l’irrigation des cultures. Ce serait une juste application internationale du principe de responsabilité.

Voilà deux pistes si nous voulons atteindre l’objectif du millénaire.

 


 
   
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