
Introduction
L’eau avant d’être une ressource est une
source. C’est la source de la vie car sa seule absence
marque la fin de toute existence vivante.
Par ailleurs à la différence des autres
ressources notamment l'énergie, l’eau n’est pas
substituable. Ainsi pour produire un kwh d'énergie électrique on
peut utiliser du pétrole, du nucléaire, du charbon, de
l’eau, du gaz, du vent. En revanche on ne peut pas remplacer
l’eau par une autre matière tant pour l’agriculture que
pour l’alimentation animale et humaine.
A ce double égard (vital et non substituable)
l’eau acquiert plus que toute autre ressource un caractère
vital et stratégique. Sa maîtrise est synonyme de survie et
sera un facteur de puissance ou de faiblesse pour les nations.
La Communauté Internationale en a pris
conscience puisque de Stockholm 1972 à Stockholm 2006 ce ne
sont pas moins de 34 années de conférences internationales
sous l’égide de l’ONU consacrées à l’eau. Seize
sommets internationaux ont aussi abordé les questions de l'eau.
Mais le jeu diplomatique et les subtilités des négociations
ont empêché la traduction de cette prise de
conscience mondiale en actions concrètes. De son coté
le rapport du GIEC analysant les conséquences du réchauffement
climatique prévoit que les perturbations se feront les plus
cruellement sentir dans les pays pauvres d’Afrique et d’Asie,
où des millions de personnes souffriront de la pénurie
d’eau et du recul des terres arables. Constatons que les décisions
tardent et que l'ONU par exemple ne parvient pas à réunir les
financements pour la lutte contre la désertification. Cette
constatation du décalage entre réflexion, moyens et action
existe aussi chez nous. La France s’est dotée d’une
ambitieuse charte de l’environnement de valeur
constitutionnelle mais lorsqu’il s’agit de passer aux
actes il en est tout autrement ; par exemple notre loi
sur l’eau (adoptée en 2006) répond très insuffisamment
aux ambitions de la charte aux yeux de beaucoup.
Ce dossier sera présenté en quatre parties :