NOTE DU COMITE CINCINNATUS

 

A4-009a - Avril  2008

Le codévelopement 

( Abstract )

 

Les faits 

 

Une pièce  d’un puzzle complexe

 Les actions conduites avec l’objectif de l’aide au développement sont des pièces d’un puzzle complexe dont les contours se précisent progressivement. Du développement des colonies, objet de l’ordonnance de 1941 du général de Gaulle, créant la Caisse centrale de la France libre, aux projets contemporains, les concepts, les définitions, les responsabilités ont considérablement changé dans un monde lui-même en évolution perpétuelle. Ainsi, parle-t-on aujourd’hui de développement durable et harmonisé de notre planète. La présente note est consacrée au codéveloppement, concept apparu en France au début des années 1980.

En un peu plus d’un quart de siècle le champ d’application de ce concept a évolué. Le mot ne recouvre plus aujourd’hui l’ambition des débuts mais, ni dans sa définition initiale, ni dans son approche plus réduite le concept n’a conduit à des réalisations significatives. Plus de vingt ans après la naissance du mot le stade expérimental est à peine dépassé. Faut-il y voir un échec du concept ou l’inévitable lenteur de processus dont trop de monde s’occupe ? Les plus pessimistes y voient une fausse bonne idée. Les optimistes y voient une piste parmi d’autres à ne pas négliger mais en aucun cas un remède universel aux problèmes du développement. La volonté exprimée par les autorités françaises de lier les actions de codéveloppement et la maitrise des flux migratoires a inévitablement rendu ces actions plus complexes.

 

Des résultats modestes au regard des besoins

 A l’origine du concept est l’idée que les actions de développement doivent être profitables « ici et là-bas » et envisagées globalement. Mais rapidement, la liaison « développement et flux migratoire » a beaucoup inquiété nos partenaires du Sud qui ont tout de suite souligné sa perversité. Dans le même ordre d’idées, lier pauvreté et émigration n’est pas forcément judicieux, au moins dans certains pays, notamment l’Afrique de l’Ouest et l’Algérie ; bien d’autres facteurs plus déterminants incitent au départ. L’idée d’associer les Etats et leurs migrants dans des projets de développement ne peut être généralisée. Souvent les premiers se réjouissent des départs (ils se débarrassent des plus contestataires et remuants qui, en retour, vont rapporter au pays de l’argent, via leurs familles), alors que les seconds partent pour mieux vivre, voire être libres et pouvoir entreprendre, certainement pas pour monter des coups avec des Pouvoirs que parfois, ils fuient. Après plusieurs années d’expériences, les instruments financiers et les procédures nécessaires à la réussite de ces opérations ne sont pas vraiment en place. Les résultats sont peu nombreux.

On ne peut qu’être surpris de l’extrême lenteur de la mise en place de toutes ces actions, de leur modestie comparée à l’ampleur des problèmes et du nombre d’organismes étatiques ou consultatifs qui traitent de ces questions. A l’aune de l’ambition initiale et de l’ampleur des problèmes, les réalisations actuelles de codéveloppement apparaissent modestes pour une action de l’Etat, même si leurs résultats peuvent être parfois intéressants, aussi bien pour les personnes et associations impliquées que pour les populations bénéficiaires.


Quelles perspectives ?  

 Le Comité Cincinnatus 

  *       Invite Pouvoirs Publics  à dissocier définitivement les actions de codéveloppement et plus généralement de coopération de la politique de contrôle de l’immigration.

*        Face à la complexité des problèmes liés au développement, constate la nécessité de ne pas réduire la politique à un type d’actions que la médiatisation tend à présenter comme solution-miracle. Constate que le codéveloppement n’en est pas une mais qu’il convient néanmoins de l’encourager.

*        Propose d’élargir le champ du codéveloppement en ne le limitant pas aux actions entreprises par « les populations migrantes » mais demande que soit reconnu l’intérêt de toute action entreprise par une collectivité (publique ou privée) nationale en faveur du développement.

*        Reconnaît l’importance des actions de développement mises en place par les collectivités locales.

*        Demande que soient encouragées les coopérations entre collectivités locales, associations et ONG en vue de créer des liens permanents entre communautés « d’ici et de là-bas ».

*        Reconnait l’intérêt des mesures d’accompagnement déjà prises pour encourager l’épargne des travailleurs immigrés et demande l’accélération de leur mise en œuvre concrète (18 mois entre la loi créant les comptes épargne-développement et leur lancement concret dans les seules Caisses d’épargne apparaissent bien trop longs).

*        Propose que ces mesures soient étendues à l’ensemble de l’épargne constituée en vue d’actions de développement. Des comptes d’épargne-développement devraient pouvoir être ouverts par des résidents de toutes nationalités.

*        Demande un contrôle décentralisé de ces comptes qui devraient pouvoir être débloqués aussi simplement que le sont les Plans d’Epargne Logement, à l’initiative d’une ONG, d’un organisme territorial ou d’une association de jumelage ou de coopération.

*        Propose que les chaînes de télévision nationales consacrent des émissions régulières à ces actions.

*        Demande que des mesures incitatives soient prises pour aider les organes de presse qui s’engageraient contractuellement à leur consacrer régulièrement des pages d’information.

 

 A4-009
   
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