
Une
ambition nécessaire
L’ambition
est d’actualité : l’annonce pour la 4ème
année consécutive d’un déficit record de la balance du
commerce extérieur conduit à proposer des mesures pour que
notre pays reste dans le peloton de tête de l’économie
mondiale.
Autrement
dit, notre pays et nos concitoyens doivent retrouver l’envie
et les moyens d’innover et d’entreprendre.
Les
réussites de l’industrie française sont nombreuses : électrotechnique,
nucléaire, aéronautique civile et militaire, spatial, chimie
et pharmacie, produits de luxe, train à grande vitesse,
modernisation de la sidérurgie, industries de défense, …
et peuvent servir d’exemples. Des entreprises sous-capitalisées
il y a 30 ans se sont redressées de façon spectaculaire grâce
à l’action de l’Etat : Renault, Thomson, Alstom …
Les exemples abondent de PME dynamiques qui sont entraînées
dans le sillage des groupes industriels de taille mondiale,
par exemple dans la sous-traitance automobile ou dans les matériaux
nouveaux. Mais il manque à la France le tissu des entreprises
moyennes (le Mittelstand allemand). Il manque au niveau le
plus bas des entreprises artisanales l’envie d’embaucher
par peur de l’avenir.
Ces
réussites s’expliquent d’abord par une ambition politique
qui a mis en place des projets et des programmes à long terme :
Airbus, le programme électronucléaire, le design de la mode, … ;
cette ambition a également favorisé les coopérations
internationales pour relever des défis communs à plusieurs
pays. Le premier traité européen, celui qui a créé la
CECA, la communauté du charbon et de l’acier, quelques années
avant le traité de Rome reste un exemple majeur
d’expression d’une volonté politique européenne à
finalité industrielle.
La
France a obtenu la réalisation du projet ITER. Il est
l’enfant de programmes de recherche ambitieux lancés il a
plus de 30 ans et de coopérations internationales bien
conduites. Où sont aujourd’hui les programmes qui
aboutiront dans 30 ans ? Où sont les grands programmes
sur les matériaux, les énergies renouvelables, les
nanotechnologies, … ?
Dans
toutes les réussites industrielles, l’engagement de l’Etat
est déterminant : aux Etats-Unis qui ont retrouvé un élan
industriel à partir de 1980, au Japon qui s’organise sur la
base de projets et de programmes valables plusieurs dizaines
d’années, en Chine, … Il faut aux dirigeants imagination
et de créativité. Et il leur faut la volonté
d’entreprendre pour satisfaire les attentes des futurs
clients avec des produits de qualité. La dynamique de
l’innovation et du développement des compétences sont les
grands principes mis en œuvre par les entreprises compétitives.
Le
Comité Cincinnatus souhaite apporter une contribution à une
politique industrielle de la France, en précisant la
question, et en faisant de premières propositions.
En
quoi consiste une politique industrielle ?
La
politique industrielle est un moyen fondamental pour une
nation de rester maîtresse de son destin, pour concrétiser
ses choix d’avenir, pour tirer parti de sa créativité et
rester à parité avec les meilleurs. Pour cela il lui faut :