
Nous sommes tous spectateurs depuis presque vingt
ans de l’arrivée non plus exceptionnelle mais réguliére de
produits alimentaires exotiques à l’étal de nos marchés
européens et de l’importation massive de soja par exemple
pour la nourriture animale. C’est que le développement
des échanges commerciaux internationaux par voie maritime et
aérienne a fait venir en Europe ananas, mangue, litchis, crevettes du
brésil, filet de capitaine, cerises du Chili, …..et, face
cachée du commerce international, a décuplé les quantités
de blé, de maïs, de riz, de soja échangées dans le monde.
Rien de bien neuf, car rappelons que depuis le temps
des caravanes puis des premiers
navires, soies, épices, riz, thé sont venus des confins du
monde sur les tables de plus riches. Avec la colonisation et
la mécanisation des transports maritimes café, bananes,
arachides, agrumes … ont envahi les tables des familles aisées
de l’europe. Enfin dans la deuxième moitié du XX° siècle
les grands navires ont pris en charge le transport de grande quantité de céréales à travers les océans et les avions
ont déposé de façon régulière les produits alimentaires
des quatre coins du monde sur nos tables, pendant que
d’immenses territoires entraient dans l’agriculture
intensive et se spécialisaient dans la culture du riz, du
coton, du mais, du soja, des tomates….. Ainsi la
mondialisation des marchés agricoles semble accomplie.
Or en un demi siècle la vigueur de ce développement
n’a pas réduit la
faim dont souffre un tiers de l’humanité, de graves déséquilibres
alimentaires surgissent à la une de l’actualité et les
perspectives à moyen terme semblent dramatiques. En effet,
constatons simplement que si le développement des échanges
de produits agricoles mondiaux a permis des enrichissement
spectaculaires de certaines régions ( Soja en Argentine et au
Brésil, primeurs en Espagne, riz en Thailande), globalement
cette mondialisation des échanges ne réduit ni la faim dans
le monde, ni la pauvreté des populations rurales, ni l’insécurité
alimentaire de 2,5 milliards d’êtres humains et encore
moins les inégalités.
Un rapport de l'International Food Policy
Research Institute
indique que le fossé entre la production alimentaire par les pays en voie de développement
et leur consommation devrait profondément s'aggraver d'ici
2020. En effet, le décalage entre la production de riz, de blé,
de maïs et d'autres céréales de ces pays et leurs besoins
en nourriture devrait plus que doubler. La demande sur le
marché mondial pourrait ainsi passer de 94 millions de
tonnes en 1993 à 228 millions de tonnes dans une
vingtaine d'années.
L'IFRI
ajoute que le nombre d'enfants mal nourris devrait considérablement
augmenter en Afrique sub-saharienne. Dans cette partie du
continent africain, ils seraient 40 millions à ne pas
manger suffisamment, ce qui représenterait 45 % des
enfants souffrant de malnutrition dans le monde. En Asie du
sud, où le problème se pose de façon positive, on estime
qu'encore deux enfants sur cinq souffriront de la faim en
2020.
Cette
situation s'explique, selon l'IFRI, par des sécheresses plus
fréquentes, des guerres civiles à répétition, la faiblesse
des réserves de céréales, l’urbanisation des populations
loin des lieux de production et, surtout, le déclin de l'aide
publique au développement. La croissance de la production
agricole qui était déjà très basse en 1982-1994 par
rapport à la démographie, avec + 2,3 %, devrait,
en outre, tomber à 1,5 % pour la période 1993-2020. Les
pays en voie de développement devraient ainsi être
contraints d'importer plus de céréales des pays développés.
Au milieu de l’année 2007, les prix des produits
agricoles de référence comme le blé, le lait, le mais ont
connu des augmentations de prix spectaculaires. La presse
quotidienne en France s’en est fait l’échos en annonçant
de prochaines augmentations du prix du pain et des yaourts.
Tout un chacun a ainsi compris que la formation des prix des
produits de l’alimentation de base comme le pain, les pâtes,
les laitages dépendait du marché mondial des matières premières
agricoles. Nous l’avions déjà évoqué dans
l’introduction, en Italie l’augmentation du prix des pâtes
alimentaires de 4,5 % en un an a constitué un scandale
national. Mais il
n’y a pas que l’Italie. En Mauritanie, au Maroc et en 2006
au Mexique des protestations populaires ont eu lieu contre
l’augmentation des produits alimentaires de base.
En Février 2008 ,
à Chicago le prix
du
blé a explosé.
La barre symbolique des
13 dollars le boisseau a été
franchie
pour la première fois: 13,50 dollars, mercredi 27 février
2008. Un
bond de 179% sur une année.
A l’OCDE, à la FAO et dans d’autres groupes
d’analyse, les experts
des marchés agricoles estiment que les prix des matières
premières agricoles sont durablement orientés à la hausse
en raison d'une croissance de l'offre structurellement inférieure
à la demande. Les dernières statistiques du département américain
à l’Agriculture
rendues publiques le 7 novembre 2007 confirment les prévisions
de la FAO .
Conséquence sur la production de viande, les éleveurs
s’inquiètent de la hausse du prix des aliments pour bétail,
qui affecte surtout les secteurs du porc et de la volaille,
par exemple dans l’ouest de la France, mais aussi en Chine,
suivant la hausse plus générale des intrants de l’élevage:
fourrage, soja, maïs, blé,….
Le blé
Le blé est la céréales de référence, le
monde en produit 570 millions de tonnes par an sur 210
millions d'hectares. La montée des prix actuelle fait la
fortune des producteurs/exportateurs, Etats-Unis en tête.
Leurs exportations agricoles devraient leur rapporter 80 milliards
de dollars en 2007, douze milliards de plus qu’en 2006. Début
septembre 2007, le blé a atteint un record historique sur le
marché de Chicago: 8,4350 dollars le boisseau (environ
27 kilos), complètement dépassé en Février 2008 avec 13,50 dollars. Les cours du blé ont plus que doublé en un an
sur ce marché et « flambent » en raison de
mauvaises récoltes dues à la météo et d’une demande qui,
à l’inverse, croît : certains importateurs préfèrent
augmenter leurs achats par crainte d’une pénurie de graines
dans les mois à venir.
Le Maïs
Le
maïs est la plante la plus cultivée au monde et la première
céréale produite, devant le blé. Il représente 41%
de la production mondiale de céréales (blé : 40%, orge :
9%) et couvre (moyenne 2 000 à 2003) 140 millions d'hectares
à travers le monde, pour une production de 600 millions de
tonnes En 30 ans, la production de maïs a doublé. Le marché des céréales en général, qu'il s'agisse de blé ou
de maïs, est un marché assez concentré en terme de pays
exportateurs. Les Etats-Unis représentent à eux seuls 70%
voire 75% des exportations dans le monde. Les États-Unis
restent le premier pays producteur avec 32 millions
d'hectares cultivés. Ajouté aux deux autres plus gros
producteurs, la Chine et le Brésil, ces trois pays représentent
53% des surfaces. L'Union Européenne est le cinquième
producteur après la Russie. La source de volatilité du marché
provient soit de pays pour lesquels le volume importé ou
exporté est négligeable vis à vis de leur propre volume de
production; soit de pays dans lesquels la décision
d'importation ou d'exportation est politique et ne peut pas se
déduire de l'analyse d'un bilan emploi/ressources habituel.
·
Exportations :
Sur les 75 millions de tonnes de maïs qui s'échangent
en moyenne chaque année sur la planète, 60% environ sont américains
(46 millions de T). L'Argentine suit, avec 11 millions de
Tonnes exportées, puis viennent la Chine (10 millions de T)
et le Brésil (4 millions de T).
·
Importations : Le 1er pays
importateur de maïs est le Japon (22% des importations
mondiales, 17 millions de T), suivi de la Corée du Sud (12%,
9 millions de T) et de Taiwan (6%, 5 millions de T). Au total,
l'Asie importe 35 millions de tonnes, le continent américain
18 millions et l'Afrique 11 millions : total 54 MdeT.
En février 2008, la céréale a atteint les
500 cents le boisseau (environ 27 kilos) au Chicago
Board of Trade, soit une augmentation proche de 40% en un an C'est aussi un nouveau record depuis 1996, quand le
cours avait atteint 550 cents. Une telle augmentation
s'explique d'abord par un marché très tendu. Les stocks américains
ont été revus à la baisse en 2007. Ils ne représentent
plus que 6% de la consommation du pays, un ratio qui
atteignait 20% un an auparavant. La baisse de ces réserves
est liée à une récolte 2006 médiocre, selon les
estimations du département américain à l'agriculture. De
plus, les agriculteurs américains ont planté moins de maïs
que précédemment. L'offre décline donc progressivement.
Mais dans le même temps, la demande explose. En cause: la
production de biocarburants qui augmente rapidement. Les
raffineries américaines ont produit 5 millions de
gallons de l'éthanol. La fabrication de ce biocarburant
requiert aujourd'hui plus de 20% de la récolte américaine de
maïs. Ce nouveau débouché vient concurrencer les
utilisation traditionnelle de cette céréale, c'est-à-dire
l'alimentation humaine et animale.
Cette tendance à la hausse n'est
probablement pas de courte durée. Économiste à l'INRA,
Catherine Benjamin estime que le prix mondial du maïs devrait
progresser de 50% entre 2005 et 2015. En cause, bien sûr,
l'explosion de la demande en biocarburants qui devraient
utiliser un tiers de la récolte américaine d'ici une dizaine
d'années. Mais les biocarburants ne sont pas seuls en cause.
"Le comportement alimentaire des Chinois est en train de
changer", explique l'économiste. "Ils consomment de
plus en plus de viande et le maïs entre dans la composition
de l'alimentation animale."
Le soja
Le
soja est essentiellement produit pour l’alimentation du bétail
élevé en Europe et en Asie. Le monde en produit plus de 200
millions de tonnes. Trois pays concentrent 80% de la
production mondiale : USA, Brésil et Argentine. Après
les records du blé en Août 2007, les sommets du maïs de ces
dernières années, le prix du soja est monté à son tour à
des niveaux jamais vus début 2008. Cette flambée du soja est
une des conséquences de la pénurie et des prix du maïs. De
plus une compétition entre soja et maïs s’est installée
pour s’imposer dans les cultures de 2008 : les
agriculteurs dans les Amériques choisiront de semer la plante
qui rapportera le plus, cad dont les prix sont les plus élevés
sur le marché.
Coté environnement et
gestion de l’espace agricole, la culture intensive du soja
entraîne, particulièrement en Amérique latine, des conséquences
économiques, environnementales et sociales désastreuses en
chassant les petits agriculteurs et en retirant des terres
pour les cultures vivrières. « Les familles
indigènes sont expulsées de leurs terres ancestrales avec la
complicité de la police, qui n'hésite pas à tirer sur les
paysans »
. La campagne intitulée " le
soja contre la vie ", menée par un réseau international
d'ONG, dénonce ce "cas d'école", contraire aux
principes de l'agriculture durable et de la souveraineté
alimentaire, au Nord comme au Sud. Il faut toujours
plus de terres à cultiver. Où les trouver ? En Amérique du
Sud, riches d’espaces vierges au Brésil, en Argentine, au
Paraguay, en Bolivie les territoires sont couverts de millions
d’hectares de soja. On parle même de sojatisation
des campagnes et de l’économie.
Le Riz
Pour
ce qui concerne le riz , la menace d’une pénurie
continue à planer en 2007. La Thaïlande pourrait exporter,
cette année, près de 9 millions de tonnes de riz, un million
et demi de tonnes de plus qu'en 2006, pour pallier les défaillance
des autres pays exportateurs. Au Vietnam, l’Etat qui est
soucieux de nourrir sa population, maintient son embargo sur
les exportations. L’Inde a fini par lever l’interdit en
vigueur, mais a introduit à la place un prix minimum rédhibitoire :
425 dollars la tonne. Le Pakistan, lui aussi, a fait monter
les prix. Mais le problème, ce n’est pas que le riz manque
dans les silos de la Thaïlande, mais les exportateurs ne
savent plus comment le sortir du pays. Les usines pour le
blanchir, les camions pour l’acheminer au port, les
infrastructures pour le charger sur les bateaux tournent déjà
au maximum de leurs capacités. Inutile de chercher à
embarquer du riz thaïlandais avant 2008, les carnets de
commande sont remplis jusqu’en janvier.
Partout, les prix explosent. En un an, la
tonne de brisure parfumée, appréciée en Afrique, est passée
de 200 à 330 dollars. Prix auquel il faut ajouter le coût
du fret qui a triplé, en un an, pour faire la route entre la
Thaïlande et l'Afrique de l'Ouest, car la question logistique
(stockage, conservation et transport) complique la situation.
Vu le coût du transport l’intérêt des négociants
est de vendre au plus vite pour ne pas perdre trop d’argent
dans le fret facturé à la journée. Or devant les
protestations des populations,
les gouvernants imposent des prix plafonds pour lutter
contre la flambée des prix. Si le plafond est inférieur au
prix du riz coût et fret inclus, cela découragera le négoce
et en conséquence va amplifier le risque de pénurie.
La question de
l’augmentation de la production
Dans le chapitre
précédent nous posions la question de comment produire plus
de biens agricoles. Force est de constater que les limites des
terres disponibles arables, du climat et de la géographie
posent des contraintes fortes sur les espoirs d’expansion
des productions agricoles pour fournir le marché
international.
La production agricole mondiale doit croître
de 3,3% par an pour faire face à la croissance de la demande
alimentaire et au développement attendu des biocarburants.
Depuis longtemps on constate globalement que la production
agricole mondiale croit de façon presque constante de 2,3%
par an. Un taux insuffisant
pour faire face à cette demande qui se décompose en
2,5% pour couvrir les besoins alimentaire et de 0,8%
pour répondre aux objectifs de production de biocarburants.
En débat depuis
quelques mois les projets de développement de la culture de
plantes pour fabriquer les biocarburants se traduira par une
augmentation supplémentaire de la demande de produits
agricoles de 0,8% par an dans les cinq à huit prochaines années.
De plus l’ensemble des objectifs de production de
biocarburants de divers pays implique que 12% des surfaces
agricoles leur soient dédiés dans les dix à quinze
prochaines années, ce qui risque d’entamer les capacités
de production de produits pour l’alimentation dans certains
pays.
Les 2,5%, dédiés
à l’alimentation, résultent
d’une évaluation de la somme d’un besoin de croissance de
1,1% dû l'accroissement de la population, de 0,8% lié à
l'augmentation des calories consommées et de 0,6% résultant
d'une modification des habitudes alimentaires, notamment dans
les pays émergents, avec une plus grande consommation de
viande.
Si donc il faut
retenir un faible potentiel de développement des surfaces
cultivables ( 1% par an sur les 10 prochaines années), une
stagnation de la hausse des rendements (dont on verra les
raisons dans un chapitre suivant) et une diminution
tendancielle des stocks de céréales, il est facile de
comprendre que les prix agricoles et alimentaires devrait
progresser et rester élevés dans les cinq à dix prochaines
années.
La question de
l’organisation du marché mondial
Nous avons vu que l’intensification des échanges et
l’ouverture des marchés n’est pas un gage d’équilibre
et ne permet pas de résoudre le défit de la faim dans le
monde et de l’insécurité économique des agriculteurs des
PED. Au contraire, il est aisé de constater que les
variations rapides des prix et des conditions de production
sont particulièrement néfastes aux économies agricole des
PED qui ont de grandes difficultés à organiser leur système
de production pour couvrir les risques climatiques et la
volatilité des cours. Pour illustrer ces faits, il suffit de
regarder les difficultés de certains producteurs de cotons
africain quasiment ruinés en 2007 par une mauvaise récolte
et la chute des prix due essentiellement aux prix cassés que
proposent les producteurs US par le simple fait que le coton
US reçoit de 2
à 3 milliards de
dollars par an de subventions.
Par contre l’augmentation des prix des céréales
est pour les pays exportateurs une promesse d’augmentation
de leurs revenues, les pays importateurs, eux, souffrent et même
les plus riches. Ainsi le Japon a du puiser dans son budget de
crise pour payer ses dépenses pour les deux derniers mois de
l’année 2007. Comme beaucoup de produits de base ils sont
considérés comme des produits indispensables qui doivent être
achetés quelles que soient les variations de prix. La FAO
estime que la note totale des importations a augmenté de 20
%, en 2007. Pour les pays plus vulnérables (moins riches), on
sait déjà que le budget «alimentation» a doublé depuis
2000. En conséquences, certains ont commencé à restreindre
leurs importations, partout les prix augmentent, ce qui
provoque parfois des émeutes.
Pour assurer leur sécurité alimentaire, le seul recours
des Etats en difficulté consiste à importer plus comme la
Chine, ou à imposer des taxes pour limiter les exportations
comme en Russie ou en Argentine. Cela enrichit tous les
intervenants de la filière, opère une redistribution très
imparfaite, mais ne résout en rien ces difficultés. La
population qui grossit, qui s’urbanise en Chine, en Afrique
ou en Inde, consomme beaucoup plus en qualité et quantité
que ce que l’agriculture locale et mondiale est capable de
produire. C’est le scénario de tous les spéculateurs qui
misent sur la montée des prix des matières premières
agricoles et qui spéculent à la hausse amplifiant le phénomène.
La FAO prévient, contrairement aux précédentes, que cette
crise alimentaire aura des effets à long terme sur les
populations. Ainsi
en 2008, le Lesotho, la Somalie, la Zambie, le Mozambique, au
total trente-six pays n’ont plus de quoi acheter leur
nourriture manquante et ils
sont menacés de famine.
D’un
autre coté, le phénomène de concentration du business
agroalimentaire est chaque jour plus grand. Par exemple
Neumannn, Volcate, Ecom et Dreyfus contrôlent a elles seules
près de 40 % du commerce mondial du café et dominent les
conditions de travail de 25 millions de producteurs et de
travailleurs.
Beaucoup de grandes sociétés «achètent directement les
produits agricoles aux exploitants, en fixant directement
leurs exigences et leurs prix». Une trentaine de
multinationales (Carrefour, Wal-Mart, …) règnent sur 500
millions de consommateurs. Avec les mastodontes du négoce
international des matières premières agricoles, elles ont
capté l'essentiel de la valeur financière créée tout au
long de la chaîne de production. Il ne reste que 4 % du prix
de vente au producteur pour un kilo de café ou encore 2 % au
travailleur d'une plantation de bananes.
Ainsi, pendant qu'on payait des
subventions-revenus aux agriculteurs, pouvoirs publics et
organisations internationales ne se préoccupaient pas de la
concentration industrielle de la grande distribution. Tandis
qu'on aidait l'agriculture familiale en faisant des promotions
sur les produits de qualité, Carrefour, Wall Mart, Lidl se
constituaient en grands groupes commerciaux. Aujourd'hui, cinq
grands distributeurs contrôlent le marché mondial et il est
inquiétant de voir comment les trois plus grands
distributeurs mondiaux organisent le marché en orientant les
consommateurs et en contraignant les agriculteurs.
Cette situation d’intermédiaire maître
du jeux qui
influe sur la production et la consommation est à peine égratigné
par la montée du commerce équitable. La maîtrise du
transport, de la collecte, de la conservation et de la
distribution des produits alimentaires issue de
l’agriculture place la grande distribution au centre des réformes
du marché à engager.
Ailleurs une stagnation des
prix
Le fonctionnement du marché des produits
agricoles ne se réduit pas à une dizaine de produits majeurs
qui sont la partie visible de l’iceberg. Il y a d’autres faces
de la réalité et en particulier la baisse ou a
stagnation des prix de certains produits comme le coton généré
par une mécanique de subvention dans les pays riches. En
2004 la FAO constatait que les exploitants et les pays qui
sont tributaires des exportations de produits de base doivent
lutter contre la baisse à long terme et la volatilité à
court terme des prix réels des produits de base sur les marchés
internationaux.
La baisse à long terme des prix réels de
certains produits traduit le fait que la productivité et la production
croissent plus vite que la demande. La volatilité est due à
l'impact de facteurs exogènes, telles les conditions météorologiques,
aggravés par les distorsions du marché causées par les
droits de douane et les subventions appliquées dans les pays
développés, les droits de douane en vigueur dans les pays en
développement, pour défendre leur march& agricole et
trouver des ressources fiscales; ainsi que le pouvoir économique de certaines chaînes
de distribution des produits contrôlées par des grandes sociétés
transnationales. Ces distorsions restreignent l'accès
des PED aux marchés des pays développés et freinent toute
tentative des producteurs et des pays exportateurs de capter
une part plus grande du prix du produit final.

Les rendements moyens des principaux
produits agricoles exportés ont augmenté de près d'un tiers
au cours des deux dernières décennies. Parallèlement, de
nouveaux producteurs importants sont entrés sur le marché
pour commercialiser leurs produits, le Viet Nam en tant que
producteur de café, par exemple.
Ainsi pour certains produits il faudra affronter le problème
crucial de l’offre excédentaire. A long terme, la meilleure
façon de l'éliminer est de réduire la production dans des
marchés très protégés, aux coûts élevés, et d'améliorer
parallèlement la demande en atténuant la pauvreté et
augmentant les revenus dans les pays les plus pauvres. Dans
les pays développés, le défi consiste à soustraire de la
main-d'œuvre et des superficies cultivées à la production
de produits de base excessivement subventionnés et de
permettre aux producteurs de s'orienter vers d'autres sources
d'emploi et de revenu. Les premiers producteurs à sortir des
marchés débarrassés des droits de douane, des subventions
et d'autres distorsions devraient être ceux dont les coûts
de production sont les plus élevés. Dans certains cas, tels
le coton, le sucre, les produits laitiers et le riz, il
pourrait s'agir des producteurs de l'Union européenne ou des
Etats-Unis qui ont bénéficié de subventions généreuses,
et non des producteurs des pays les moins avancés (PMA) qui
luttent pour produire des produits de qualité élevée à
moindre coût. Cependant, dans les pays membres de
l'Organisation de coopération et de développement économiques
(OCDE), l'élimination du soutien à la production n'entraînera
pas automatiquement une augmentation des exportations des PMA.
Les principaux bénéficiaires immédiats pourraient être les
exportateurs des pays développés non subventionnés et
quelques-uns des pays en développement les plus avancés.
La diversification peut être un moyen pour
les producteurs des PED de ne plus être tributaires des
produits de base pour lesquels l'offre excède la demande.
Toutefois, elle n'est pertinente que si les exploitants ont de
nombreuses autres possibilités, notamment :