
Un
constat
Le
système « par répartition » se caractérise de
la façon suivante : Les cotisants d’aujourd’hui
fournissent les moyens de verser les retraites d’aujourd’hui.
Nous
parlons ici du régime général auquel il convient
d’adjoindre les régimes de retraite complémentaire
obligatoires (AGIRC + ARRCO). D’ici dix ans le nombre
d’actifs cotisants (part patronale et part salariale) sera
fortement diminué du fait du « trou » générationnel ;
celui-ci est dû au départ en retraite de la génération
« baby boom » et le faible natalité des années
70/80 ; cette situation est cependant moins dramatique en
France que dans d’autres pays européens du fait d’un taux
de natalité plus élevé ; ceci est renforcé par un
taux de chômage diminuant le nombre d’actifs cotisants
( à remarquer que l’indemnisation du chômage comprend
partiellement des cotisations vieillesse, ce qui entraîne à
son tour un déficit de l’UNEDIC) l’immigration vient, de
plus, compenser partiellement le déficit de renouvellement
des générations .
Tout le monde prédit un séisme de grande ampleur
que les mesures gouvernementales actuelles ou passées n’ont
su prévenir. On préfère crier « au loup » plutôt
que de faire avancer le débat.
L’espérance de vie s’est (fort heureusement)
accrue au cours des récentes décennies. Cela signifie que la
durée potentielle d’activité (production de richesses)
s’est elle-même accrue, soit encore la durée potentielle
de vie après le départ en retraite.
Chacun comprendra que cette évolution demande un
ajustement des conditions anciennes. Plusieurs mesures ont été
mises en place pour tenir compte de cette donnée objective.
Cependant
certains affirment que nous serions devenus un pays si
gravement endetté qu’il ne saurait plus garantir, à ceux
qui ont construit les conditions de la richesse actuelle et
quittant le processus de production, une juste retraite en
reconnaissance de leur labeur.
Une
analyse
Remettons la problématique
en ordre pour analyse.
« L’état
est la forme d’organisation que s’est donnée la société
pour partager les richesses et exercer la violence. »
Lorsque l’état ne
répartit plus équitablement les richesses cela engendre la
violence.
Mais de quelle
richesse parlons nous quand la perspective donnée est
celle d’un début de carrière vers 25 ans (chômage des
jeunes) pour un départ en retraite forcée vers 55 ans (chômage
des seniors).
Il faudrait donc que
chacun contribue individuellement à une « assurance »
suivant un montant égal pour tous, prenant une « garantie
retraite » individuelle proposée par des entreprises
privées.
C’est le type de
société vers lequel "on" tente de nous amener, revenant sur le
système social solidaire construit dans notre pays.
La
répartition des richesses, ou de la contribution à la dette,
ne se ferait alors plus suivant un principe de répartition
solidaire mais deviendrait une question individuelle. Suivant
son niveau de revenus chacun contribuerait à sa couverture
propre.
Les
périodes d’inactivité salariale (chômage) se faisant de
plus en plus fréquentes et longues, les emplois au-delà de
50 ans devenant « précaires » au même titre que
ceux de début de carrière, on a bien là l’expression
d’une violence qui est faite à toute une catégorie de
salariés. Cette violence est bien le choix fait par ceux qui
dirigent l’état.
Rappelons
que les régimes de retraite salariée ne sont en déficit que
depuis qu’y ont été greffés les régimes sociaux
d’autres catégories, sans l’abondement nécessaire de
l’état.
Si
on s’en réfère au PIB, celui-ci est sensé représenter la
richesse d’un pays. Passé de 1300 milliards de $ en 1999 à
1600 M$ en 2004 il s’est accru de 23% en 6 ans. La France
n’est pas un pays appauvri, même si la croissance s’est
ralentie sur la dernière période.
Comment garantir une
juste répartition des richesses sans courir vers un gouffre
financier ?
Éléments pour une
réponse
-
P Bérégovoy et
D Strauss-Kahn avaient abordé le problème par la création
d’un fond de garantie des retraites de 50 Milliards
d’€. (La proposition avait été avancée de garantir
les retraites et leur financement par la valeur des
entreprises nationales : les privatisations ou
ouvertures de capital ont cependant servi d’autres
buts).
-
Ce fond devra être
abondé de façon progressive pour ne pas déstabiliser le
système actuel de rémunération salariale (prélèvement
fort) ni celui de rentabilité des entreprises. La
distinction entre les deux systèmes de « pension »
pour les agents de l’état et de retraite pour les
salariés du secteur « privé » doit être
faite (spécificité constitutionnelle).
-
Rendre à la nation ce qui lui appartient :