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A4-002 - Septembre 2004
ÉNERGIE : Relever le défi de la
sécurité d'approvisionnement
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Toute
politique de l’énergie doit désormais intégrer trois
facteurs:
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la
logique du développement durable, c’est-à-dire de l’équilibre
entre développement économique, justice sociale et
protection de l’environnement, |
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la
mise à disposition de l’énergie nécessaire pour
assurer le bien-être des populations, |
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une
vision à long terme et une approche novatrice de la coopération
entre pays et entre acteurs économiques, afin
d’atteindre la plus grande efficacité dans les
programmes de recherche, l’exploitation des ressources
et le financement des infrastructures. |
C’est
en se fondant sur ces principes que doit être trouvé le
chemin de la sécurité d’approvisionnement en énergie des
pays qui ne disposent que de ressources limitées ou
insuffisantes, l’Union européenne et beaucoup de pays en développement.
La
hausse continue du prix du pétrole, les effets de cette
hausse sur les autres énergies, notamment le prix du gaz
naturel, et l’impact possible de cette hausse sur
l’activité économique démontrent à l’évidence que la
demande croissante d’énergie est de nouveau une préoccupation
majeure.
On
pourra toujours remettre en question les estimations des
experts sur les réserves réelles, prouvées ou supposées,
exploitables ou non de façon rentable ; on pourra
toujours manier des évidences sur l’impact des tensions au
Proche-Orient ou sur l’avenir du Venezuela. Le fait est que
pour les pays en développement rapide et pour les membres de
l’Union européenne, pour les pays sans abondantes
ressources énergétiques, la question de
l’approvisionnement est posée. Elle est posée non
seulement à court terme, mais pour le prochain demi-siècle,
car c’est l’horizon de l’industrie de l’énergie ;
on sait le temps nécessaire à la mise en exploitation de
gisements d’hydrocarbures ou à la construction de grands
barrages et de centrales électronucléaires. Elle est posée
parce qu’à horizon visible, les usages incontournables des
hydrocarbures n’ont pas encore de substitut acceptable du
point de vue économique.
Dans
ces conditions, il importe, pour les pays qui doivent importer
une part significative de leur énergie, de trouver des
solutions assurant la sécurité d’approvisionnement avec
une visibilité telle qu’elle permette de limiter les
tensions et d’actualiser des démarches gagnant-gagnant qui
ont fait leurs preuves dans le passé.
Une
initiative européenne, poussée au besoin par un groupe de
pionniers, est maintenant urgente pour une négociation d’un
véritable « paquet énergétique » et pour des
projets adaptés aux atouts et aux besoins de chaque groupe de
partenaires.
RELEVER
DE NOUVEAUX Défis
Une
augmentation rapide des besoins et des tensions croissantes
Des
besoins énergétiques croissant rapidement dans les 25 ans
qui viennent
Une
population mondiale en forte hausse, principalement dans les
pays en développement, et une concentration accrue de la
population dans les mégalopoles et les grandes métropoles :
on évalue en général l’augmentation de la population à 2
milliards d’ici 2025, et 5 milliards des 8 milliards
d’humains vivront en ville.
Une
forte augmentation de la demande d’énergie due à
l’augmentation de la population mondiale et
au développement économique, principalement dans les
pays à croissance rapide (Chine, Inde, Brésil).
D’après
le Conseil mondial de l’énergie, la demande d’énergie va
augmenter de 50% entre 1995 et 2020, celle d’électricité
doubler (ce qui représente la construction d’environ 3 000 000
MW de puissance, à comparer aux 100 000 MW de puissance
en France : on va construire en 20 ans autant de
centrales que pendant tout le 20° siècle).
Les
niveaux de consommation d’énergie des habitants des pays en
développement rapide et des habitants des pays développés
vont se rapprocher. A titre d’exemple, pour la Chine, l’Inde
et le Brésil (aujourd’hui 2,5 milliards d’habitants), la
croissance économique est de l’ordre de 5 à 8%, la
croissance de la consommation d’énergie de 20%.
Il
faut enfin signaler que 2 milliards de personnes n’ont pas
accès à l’électricité.
Les
données récentes confirment la montée des tensions
L’année
2003 a été marquée par une forte poussée de la
consommation (+2,2%) tirée par la Chine et l’Union européenne.
A elle seule, la Chine représente plus de la moitié de la
croissance mondiale et l’UE a un taux de croissance de la
consommation par habitant qui est 4 fois le taux de croissance
moyen dans le monde.
C’est
le charbon qui permet de répondre aux 2/3 de ces besoins
nouveaux, notamment en Chine où il est largement utilisé
pour la production d’électricité. La Chine et les
Etats-Unis sont les principaux consommateurs de produits pétroliers
et les tensions prévisibles dès la fin des années 90 se
manifestent désormais fortement, la production restant dominée
à plus de 60% par le Golfe, le reste ayant pour principales
origines géographiques l’Afrique et la CEI ; à
l’origine de la demande en produits pétroliers, les
transports et la pétrochimie qui représentent les 3/4 de
l’accroissement. Enfin, la consommation de gaz naturel, tirée
notamment par le secteur de la production d’électricité,
augmente également de façon rapide, notamment en Russie et
en UE.
Cette
évolution est à l’origine de défis qui prennent une acuité
nouvelle :
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la
protection de l’environnement, et en particulier le
risque de changement climatique (le protocole de Kyoto
n’est pas à ce jour entré en vigueur faute de
ratification par un nombre suffisant d’Etats, mais ses mécanismes
sont en place à l’intérieur de l’UE) ; |
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l’accès
aux ressources et le prix de l’énergie pour les pays
disposant de peu de ressources sur leur territoire ; |
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les
tensions géopolitiques. |
La
situation en France et en Europe
Pour la France, l’indépendance énergétique,
supérieure aujourd’hui à 50% a augmenté grâce au nucléaire ;
la France dispose ainsi de réserves comparables à celles du
Koweït.
La régulation du secteur de l’énergie
par le marché conduit à s’interroger sur la possibilité
de réaliser encore des investissements à long temps de
retour comme le nucléaire. Pour ce qui concerne les énergies
en réseau, les politiques publiques menées pendant plusieurs
décennies ont évité les pénuries ; mais la panne du réseau
électrique survenue en Italie et les difficultés récurrentes
du Nord de l’Europe conduisent à examiner la situation avec
une nouvelle approche des risques : à quel horizon décider
de nouvelles installations, quels critères de rentabilité
retenir, quelles ressources primaires privilégier ?
La prise de conscience du risque de dépendance
a eu lieu dans l’Union européenne. Elle s’appuie sur l’évolution
prévisible des besoins et des prix des énergies primaires,
sachant que les réserves existant en Europe sont
aujourd’hui déjà largement exploitées. La sécurité
d’approvisionnement est désormais un défi identifié et un
objectif à atteindre, sachant que l’UE ne dispose pas des
conditions de l’indépendance énergétique ; la
poursuite des tendances se traduit ainsi :
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la consommation devrait passer de 1200
Mtep en 1990 à 1700 Mtep en 2030, |
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la dépendance devrait passer sur la même
période de 47 à 65% ; elle se décompose ainsi :
pour le pétrole, la dépendance passerait de 80 à 90% ;
pour le charbon, de 18 à 50% ; pour le gaz naturel,
de 45 à 75% |
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Plusieurs raisons expliquent cette
perte d’indépendance : la durée limitée des réserves
de gaz naturel en Mer du Nord, l’augmentation très
forte des coûts de production du charbon européen et des
rares ressources pétrolières, |
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Les besoins de produits pétroliers
pour les transports continuent d’augmenter fortement. |
Par ailleurs, il convient de signaler
quelques éléments de contexte particulièrement importants :
l’énergie nucléaire, qui représente
aujourd’hui un peu plus du tiers de la production d’électricité
en Europe, doit toujours résoudre le problème de la fin du
cycle et de la gestion des combustibles usés,
les
énergies renouvelables nécessitent encore des incitations
fortes et leur acceptabilité est variable, s’affaiblissant
pour ce qui concerne l’éolien,
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les
décisions concernant la mise en œuvre des instruments économiques
du protocole de Kyoto vont-elles accélérer la « décarbonation »
de l’économie ou, au contraire, être un frein à la
compétitivité de l’économie ? |
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les
orientations destinées à freiner les émissions de
carbone dues aux transports (90% des émissions nouvelles
sur la période) sont-elles réalistes sans une politique
ambitieuse d’infrastructures nouvelles ? |
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l’origine
géographique des ressources pétrolières et gazières
est plus que jamais une question d’importance vu les
tensions à l’œuvre et leur amplification probable, |
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ririsque
prix et risque géopolitique se renforcent. |
QUELLES PISTES POUR RELEVER CES DEFIS ?
L’histoire de l’énergie dans les Etats
européens se caractérise par des actions ambitieuses
mobilisant puissance publique et industries privées. Elle a
pris diverses formes selon les ressources disponibles sur leur
territoire et les possibilités d’échange ou d’accès à
des ressources au-delà de leurs frontières. Citons, à titre
d’exemples, le programme de grands barrages et la
construction des centrales nucléaires en France, la
substitution du gaz au charbon et au lignite en Allemagne, la
gestion de leurs ressources gazières par le Royaume-Uni, la
Norvège et les Pays-Bas, les accords conclus par la France
avec l’Algérie et l’URSS pour donner de la visibilité à
l’approvisionnement gazier, et le rôle des grandes
compagnies pétrolières dans l’approvisionnement du
continent, …
Dès lors qu’il est acquis que l’indépendance
énergétique du continent européen n’est pas envisageable,
il devient nécessaire de mettre en place les grands axes
d’une politique de l’énergie relevant le défi de la sécurité
d’approvisionnement. Cette politique est d’intérêt général.
Elle doit se concrétiser par des orientations pratiques
alliant échanges avec des pays disposant de ressources et
production sur le continent pour limiter le risque de dépendance
massive :
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la sécurité des approvisionnements, qui revient dans
l’actualité du fait de la montée des prix du pétrole, des
tensions au Proche-Orient et de la demande croissante des pays
en développement, est une condition du développement économique,
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la croissance de la demande risque d’entraîner des
tensions à horizon de 10 ans si de nouvelles installations de
production d’électricité ne sont pas construites, |
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les conditions d’investissement doivent assurer aux
acteurs une visibilité suffisante pour optimiser leurs choix
à long terme, afin de construire les infrastructures lourdes
et de mettre en exploitation les réserves existantes,
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la lutte contre le risque de changement climatique est
une donnée majeure qui doit être intégrée dès
aujourd’hui pour préparer l’après-Kyoto, |
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les besoins des pays en développement doivent être
satisfaits dans des conditions favorisant leur développement
et les échanges. |
Ressources et
technologies
Les énergies
disponibles
Les
énergies fossiles représentent sans aucun doute une
ressource majeure pour les pays en développement :
ressources locales abondantes, moindre coût
d’investissement, contribution au développement économique
et à l’emploi. Par ailleurs, les ressources hydrauliques
sont largement sous-exploitées.
Le Charbon
Souvent
ressource locale pour les pays émergents : des réserves
immenses (plusieurs siècles), un coût faible ; mais de
graves problèmes d’environnement qui ont des solutions pour
ce qui concerne les émissions de gaz acides, mais absolument
pas pour le risque de changement climatique tant que les
travaux sur le captage du gaz carbonique n’ont pas abouti.
Le pétrole
Sans
doute la fin du pétrole bon marché : il faut évoquer
avec prudence le niveau des réserves (40 ans ou plus ?
qui peut dire quelles sont les informations fiables ?),
mais des réserves très localisées présentant des risques géopolitiques
qui vont s’accroître si de nouvelles ressources abondantes
ne sont pas découvertes et mises rapidement en
exploitation.
Le gaz
L’énergie
fossile la moins polluante ; une réelle compétitivité
économique, même pour la production d’électricité ;
une énergie aux réserves peu abondantes (70 ans) et localisées
pour les plus gros gisements (Russie, Proche-Orient, Indonésie) ;
des investissements massifs sont nécessaires pour assurer
dans la durée le bon fonctionnement de la chaîne gazière
(liquéfaction, terminaux méthaniers, gazoduc, mise en
exploitation des réserves asiatiques).
Les énergies renouvelables
Un
potentiel important existe pour les grands barrages, mais
aussi les petites chutes à équiper pour favoriser le développement
local dans les zones rurales des pays en développement
(combinaison irrigation-production d’électricité) ;
mais les obstacles au financement sont grands, et les conséquences
écologiques doivent être prises en compte (déplacement de
population, disparition de terres agricoles, …) ; les
autres énergies renouvelables peuvent avoir un usage localisé,
que ce soit le solaire ou l’éolien, à condition de tenir
compte de leurs caractéristiques (production intermittente,
besoin d’espaces importants, faible puissance).
Le nucléaire
Sa
part devrait passer de 17 à 21% de la production d’électricité
de 1990 à 2020, ce qui suppose de multiplier par 2,5 le
nombre de centrales ; très compétitif et un très
faible coût du combustible mais les investissements sont
importants et rentables sur le long terme ; la question
des déchets doit être réglée ; le nucléaire de
l’avenir doit être « sûr », non proliférant
et d’exploitation et de maintenance aisée : l’EPR
est un réacteur REP évolué qui ne peut répondre qu’à
des besoins massifs (la puissance unitaire doit être du même
ordre de grandeur que les plus récentes centrales françaises
soit 1450 MW au moins) dans des pays disposants d’un réseau
électrique capable d’absorber l’énergie produite :
Chine, Inde, pays développés ; mais ailleurs, il
convient de pouvoir proposer des réacteurs de puissance
unitaire plus petite, susceptibles de répondre aux besoins de
mégalopoles et de pays disposant d’un réseau électrique
moyennement développé.
La
recherche
Plusieurs
secteurs méritent des efforts importants
:
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Le
nucléaire : le réacteur du futur, la transmutation
des déchets
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La
fusion
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Les
énergies renouvelables
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La
pile à combustible et l’économie de l’hydrogène
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Le
captage du dioxyde de carbone.
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La
gestion des contraintes
La
construction de l’offre répondant aux besoins d’énergie
se fait sous contrainte : contraintes financières,
contraintes économiques, contraintes environnementales.
Partager
l’effort et voir loin
Des
intérêts convergents entre la France et plusieurs de ses
voisins permettent d’envisager favorablement les leviers de
politiques communes :
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Le
gaz naturel |
La
France et l’Allemagne dans un premier temps, puis plus tard
le Royaume-Uni, ont de forts besoins pour maintenir leur
approvisionnement ; il est plus que probable que les
ressources norvégiennes ne seront pas suffisantes - et il
peut être préférable d’en faire une réserve stratégique
européenne en cas de crise internationale - ; c’est
pourquoi il paraît nécessaire de monter en puissance sur des
accords d’Etat avec la Russie et l’Algérie. Des contrats
à long terme permettent le financement de la mise en
exploitation des réserves, donnent la visibilité nécessaire
aux opérateurs privés intervenant sur la chaîne gazière et
assurent les pays producteurs d’une bonne gestion de leurs
ressources ; ils paraissent préférables, pour tous, à
une situation chaotique où les intérêts des différents
intervenants sont mal garantis et où le prix directeur du
marché est donné, au détriment des consommateurs, par le
marché spot.
Pour
l’Europe, d’autres ressources (Nigeria, golfe de Guinée,
peut-être Amérique latine) sont également susceptibles
d’assurer la sécurité d’approvisionnement. Mais, pour
des raisons de distance, il est certain qu’elles intéressent
les Etats-Unis.
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Le
Pétrole |
La
situation est comparable à celle qui prévaut pour le gaz
naturel. On voit là aussi combien l’instabilité du
Proche-Orient et du Moyen-Orient conduit à envisager le développement
et l’approfondissement des relations avec la Russie. Il est
probable que, plus encore que pour le gaz, la Chine, la Corée
et le Japon seront eux aussi tentés par des contrats à long
terme.
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Le
Nucléaire |
Pour
le nucléaire deux sujets différents méritent une attention :
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Le
remplacement à terme des réacteurs européens en fin de
vie industrielle : il ne s’agit pas de remplacer
ces réacteurs un pour un, mais d’optimiser, au niveau
européen si possible ou par un groupe d’Etats
pionniers, le maintien de cette source d’énergie au
niveau suffisant pour contribuer fortement à la sécurité
d’approvisionnement énergétique. Allemagne, Finlande
et peut-être Belgique, Italie et Espagne sont des
partenaires pour le développement d’un parc d’EPR.
Mais la Chine est le marché permettant d’assurer un
grand avenir à la filière nucléaire européenne. Il est
nécessaire de conforter cette perspective. Les coopérations
déjà engagées non seulement en Chine mais aussi en Corée
du sud et au Japon doivent être renforcées et
approfondies dans cette perspective. |
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La
recherche : plusieurs sujets d’importance font
l’objet de coopérations : le réacteur de Génération
IV, le retraitement des déchets, la fusion. Il convient
de poursuivre ces coopérations avec les pays d’Asie
mais aussi les Etats-Unis et la Russie pour certains
travaux, en privilégiant ce qui est d’un intérêt
commun et en sachant où commencera la compétition
industrielle. |
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Les
Energies
nouvelles |
La
pile à combustible, l’économie de l’hydrogène et les énergies
diffuses font l’objet de coopérations entre les Etats-Unis,
l’Allemagne, le Japon et quelquefois la France, l’Espagne
et le Portugal. Il convient d’approfondir ces relations et,
notamment, de voir comment mieux associer les pays en développement
à la mise en place de solutions adaptées pour l’électrification
rurale et l’alimentation des mégalopoles. L’histoire de
la France lui donne une responsabilité particulière sur ce
sujet.
Le
mode de financement
Les
Etats européens conscients de ces enjeux et de la nécessité
de voir à long terme doivent mettre en place les modes de
financement appropriés. Pour cela, il convient d’envisager :
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des
initiatives des Etats intéressés, notamment pour
financer les investissements à long terme dans de bonnes
conditions pour la mise en exploitation des gisements de
gaz et de pétrole nécessaires à la sécurité
d’approvisionnement, |
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une
initiative européenne pour le financement des
infrastructures de transport, |
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une
action auprès des organismes financiers internationaux
pour favoriser les investissements favorables au développement
durable dans les pays en développement, en conservant
ouvertes toutes les options énergétiques. |
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l’arrêt
des subventions à des formes d’énergies entraînant
une augmentation des émissions de gaz à effet de serre
et la taxation des produits importés des pays non
signataires du protocole de Kyoto. |

Le
moment n’est-il pas venu d’approfondir avec de multiples
partenaires une négociation portant sur un paquet de
ressources énergétiques ? Tel est certainement le cas
pour trouver des solutions gagnant-gagnant, que ce soit avec
l’Asie pour le nucléaire, avec la Russie pour le nucléaire
et les hydrocarbures, avec le Maghreb pour les hydrocarbures
et les énergies renouvelables. Il est urgent que l’Europe
prenne des initiatives dans ce sens, et qu’un groupe de
pionniers l’impulse.
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