A4-001 - Août 2004
POUR
UNE JUSTE RÉPARTITION DES RICHESSES
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Depuis
plusieurs années, par les médias, photos, reportages,
documentaires, .. la réalité d’un monde profondément inégalitaire
s’impose à tous. Inégalités entre riches et pauvres à l'évidence,
mais aussi inégalités entre pays pour les conditions de
travail, la protection sociale, l’éducation, etc.
Cette
injustice flagrante dans l'accès au confort illustre des différences
de niveau de vie entre les pays développés et le reste du
monde. Même si des économistes nous expliquent que ces pays
progressent, ce processus est lent, trop lent. Dans combien de
pays, encore, des millions d'enfants ne vont pas à l’école
et travaillent dans des conditions abominables pour des
salaires de misère, quand ils ne sont pas réduits à un
quasi esclavage !
Parallèlement,
le chômage s’est installé durablement dans les pays développés
car une bonne partie du travail est délocalisée dans les
pays pauvres à bas salaires par des investisseurs soucieux de produire à
faible coût. La récession et les déficits publics suivent.
Il
faut rompre avec cette fatalité de la pauvreté qui entrave l'accès
au confort, limite la consommation, entrave un développement
équilibré du monde et
qui plonge l'Europe, en particulier, dans la récession. Il
faut rapidement corriger les effets négatifs de ce coût du
travail trop faible et surtout inégal sur l'économie.
le
cercle vicieux des bas revenus
Alors
que de plus en plus d’hommes et de femmes disposent d’une
formation qui leur permet de se servir des technologies les
plus modernes, alors que de plus en plus de gouvernements réalisent
des infrastructures propres à rendre leur pays plus
attractif, le coût du travail est devenu le principal facteur
sur lequel les entreprises peuvent agir pour développer leur
compétitivité. En effet, seuls le coût du travail et le
niveau de protection sociale maintiennent un écart entre les
pays.
Cette
situation a engendré un cercle vicieux aux effets chaque jour
plus perceptibles et plus dramatiques :
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dans
les pays développés, ceci entraîne une pression
sur les revenus de tous qui freine la consommation. Ce
ralentissement de la consommation réduit les recettes de
l’État par une diminution des apports de la fiscalité
indirecte et les déficits budgétaires se creusent. Cette
pression entraîne également une pression sur l’emploi
qui se traduit par un chômage accru et par un sentiment
d’insécurité. Entraînant à nouveau, un recul de la
consommation car la collectivité augmente les charges
sociales pour financer les mesures de solidarité élémentaires
et les individus épargnent par précaution pour limiter
les risques pour leur avenir
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dans
les pays en développement, la croissance peut paraître
très forte, mais elle ne profite qu’à une partie réduite
de la population, à cause de déséquilibres vertigineux dans les
revenus. Là aussi, la consommation s’en trouve
entravée.
De plus, le manque de couverture sociale freine des dépenses
qui iraient vers la santé et le bien-être. De nombreux
secteurs économiques ne peuvent donc profiter des bénéfices
de ce potentiel de croissance et d'investissements.
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Cette
situation se caractérise donc par : :
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une
distorsion de concurrence entre pays et zones économiques, |
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une
distorsion de concurrence entre les entreprises d’un même
secteur selon qu’elles versent ou non à leurs employés
des revenus favorisant la consommation, |
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une
exclusion de certains secteurs économiques des bénéfices
d’une croissance mal équilibrée, |
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un
ralentissement de la croissance entraînant à terme celui
des capacités d’investissement et de développement
technologique. |
Les
inégalités de protection sociale
Aujourd’hui,
dans le monde, des dizaines de millions d’enfants
travaillent, dans des usines, dans des mines, dans des champs.
Aujourd’hui,
les trois quarts de l’humanité n’ont aucune protection
sociale, ne bénéficient d’aucun système de santé ni d’éducation
valable.
Aujourd’hui,
la petite partie de l’humanité qui a une sécurité sociale
et une pension de retraite se demande si elle pourra conserver
longtemps ce progrès majeur pour sa qualité de vie.
Et
pourtant, le monde est riche, de plus en plus riche. Le monde
est savant, de plus en plus savant. Les techniques modernes
sont partout, l’information circule presque partout. Et
malgré cela, les inégalités augmentent.
Notre
conviction est que cette situation est injuste et malsaine.
Injuste
parce que le monde est riche et que chaque individu sur cette planète
devrait bénéficier
de biens fondamentaux comme l’éducation, la santé, des
salaires décents, la retraites, les loisirs, etc.
Malsaine
parce que la misère engendre la violence. Malsaine parce
qu’en Europe, par un chômage de masse de plus en plus de jeunes se voient comme
appartenant à une génération perdue.
Nous
constatons que les entreprises font des économies aux dépends
des personnes les plus pauvres qu’elles exploitent et
des salariés des pays riches qui perdent leurs emplois ou
dont les salaires ne cessent de diminuer.
Pour une compétition équitable
Les
dernières décennies se caractérisent par un niveau de
connaissances techniques et technologiques jamais atteint et
par une diffusion sans précédent de la culture et des
savoirs : le rôle de plus en plus important des
investissements immatériels se combine avec une diffusion des
technologies de l’information et de la communication très
rapide.
Pourtant,
les inégalités existent toujours et s’accroissent dans le
monde et à l’intérieur de chacune des grandes zones économiques.
Elles se concrétisent en particulier par le fait que
certaines régions du monde connaissent des niveaux de
salaire trop faibles et une couverture sociale quasiment
nulle.
Il
convient d’y remédier en corrigeant les effets négatifs
sur l’économie de ce coût trop faible du travail :
les hommes et les femmes ne disposent pas de revenus
suffisants, et les entreprises ne peuvent se développer dans
des conditions équitables de concurrence :
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les
salariés qui n’ont pas de revenus suffisants ne peuvent
consommer autant de biens qu’ils le souhaiteraient? |
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les
actionnaires voient leurs revenus réduits par rapport à
ce que serait une expansion plus vaste des marchés,
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les
entreprises disposent alors de moins de ressources pour
innover alors que c’est la condition primordiale de leur
développement,
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tous
sont soumis aux délocalisations qui transforment
certaines parties du monde en usines et qui augmentent de
façon considérable les transports.
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Il
s’agit de favoriser la mise en place de conditions équitables
de concurrence par une réévaluation juste des conditions de
travail entre les pays développés et ceux en développement.
L’exemple de la construction du grand marché européen est
un argument fort en faveur de cette évolution : après
avoir consolidé le Marché Commun à 6 États membres, les
gouvernements ont élargi la zone de libre échange à 9 puis
12 puis 15 en se fixant pour objectif un niveau de vie et de développement
similaire pour tous les habitants des États membres. Si cet
objectif n’est pas encore atteint, il est un fait que les
fonds structurels ont permis une accélération du développement
des zones les plus pauvres des États membres.
Pour
les pays en développement, la meilleure répartition du bien-être
est un impératif afin d’éviter la montée des fanatismes,
des conflits et des flux migratoires ; la bonne gestion
des intérêts de tous rejoint l’équité et la diminution
des tensions dans le monde. Il s’agit donc d’établir les
conditions de cette équité en favorisant un développement
sain fondé sur une plus grande consommation intérieure et
sur des exportations. Investissements et échanges en seront
favorisés, engageant ainsi une spirale vertueuse pour l’économie
mondiale.
Entrer dans une spirale
vertueuse
Pour
sortir du cercle vicieux il faut donc inciter les entreprises
à mieux payer leurs employés, et convaincre les
gouvernements de tous les pays de la nécessité de mettre en
place une protection sociale efficace.
Pour
cela, il faudrait instaurer un droit d’accès aux marchés,
calculé en fonction des écarts de salaires et de protection
sociale entre pays, afin d’inciter entreprises et
gouvernements à favoriser l’accès de tous aux richesses.
Ce droit alimenterait un fonds destiné à favoriser l’équité
dans le travail, elle-même source d’équité dans la
concurrence. Ce fonds financerait également les initiatives
des gouvernements et des entreprises.
Ce
prélèvement serait collecté et géré par une institution
internationale alimentant les États pour le développement de
la protection sociale, ainsi que les entreprises pratiquant
l’investissement socialement responsable dans les pays en développement,
en accord avec les autorités de ces pays :
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sur
la base de leurs exportations, les pays soucieux de
hausser le niveau de protection disposeront de fonds
additionnels favorisant indirectement la consommation et
l’attractivité,
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sur
la base des échanges qu’elles réalisent, les
entreprises bénéficieront d’un soutien additionnel à
la capacité d’investissement favorisant directement
leur profitabilité.
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Ainsi,
les acteurs du marché seraient incités à s’inscrire dans
une spirale vertueuse en partie financée par le comportement
non vertueux de certains : la valeur exemplaire de la
spirale vertueuse a aussi un effet d’entraînement.
Voir
pour cela le texte "Enrayer les délocalisations
par le rééquilibrage des conditions de la concurrence."
qui ouvre sur une proposition de loi d'août 2004
instaurant les bases d'un mécanisme financier de
rééquilibrage
des termes de la concurrence entre pays et zones économiques.
Une
meilleure justice sociale pour la consommation, l’emploi, le
bien-être et pour une répartition équitable des richesses
entre tous. Et pour longtemps. |