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Comité Cincinnatus
  Groupes d'études et de propositions pour les actions politiques, économiques et sociales. Paris |
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La cité
Travail et richesse
Point de vueMessieurs, il est temps de refermer la parenthèse libérale de 1983 !
Paris le 10 décembre 2011.Rappelons en quelques mots d’où vient ce terme de « parenthèse ». En 1983, le gouvernement français change de politique économique. Après deux années de relance par la consommation et par l’investissement industriel, les contraintes financières s’imposent et le choix est fait de la rigueur. Si tout est mis en œuvre pour poursuivre la modernisation de l’industrie notamment avec le levier des entreprises nationalisées en 1982 et avec une réelle politique industrielle qui sera mise en œuvre jusqu’à la première cohabitation, le débat sur le partage des gains de productivité n’est pas à l’ordre du jour. La pression naissante des marchés financiers, les contraintes du système monétaire européen, l’accélération des délocalisations sont autant de facteurs qui conduisent le gouvernement à la rigueur. Ce changement de politique fut qualifié par le Parti Socialiste et son Premier secrétaire d’ouverture d’une parenthèse.
Cette parenthèse n’a pas été refermée depuis. Malgré les succès de la ré-industrialisation dont l’impulsion a fait sentir ses effets jusqu’au début des années 2000, malgré plusieurs périodes de croissance forte, le chômage n’a connu que de courtes rémissions, le pouvoir d’achat des salariés a crû moins vite que les revenus financiers, la logique est restée la même. La parenthèse n’a pas été refermée.
Et pour cause. Entretemps, la France a accepté comme l’ensemble de l’Europe, comme l’ensemble du monde développé, comme une bonne partie des pays émergents, la logique du capitalisme financier. Et cela au nom de la construction de l’Europe, ou plutôt (l’Europe est un continent, un concept géographique) de la construction de l’Union européenne. Cette construction a privilégié l’approche purement juridique et réglementaire ; elle a privilégié le droit de la concurrence comme référence de la politique commune. Elle a mis en place une monnaie et une banque centrale en refusant que soient mises en place en même temps les conditions d’une politique industrielle fondée sur de grands projets ou encore les conditions de la réalisation des infrastructures pourtant prévues dans l’Acte unique européen de 1986. Quant aux possibles coopérations renforcées, dont la possibilité est inscrite dans les traités européens, y compris le traité de Lisbonne, elles se heurtent à la fois à la bureaucratie, au manque d’initiative des Conseils européens, et au soupçon de risquer de porter atteinte au droit de la concurrence. En même temps, l’UE a été ouverte largement aux importations en provenance de pays à bas coût du travail et à faible protection de l’environnement. Tout cela est cohérent : c’est la cohérence du capitalisme financier.
Il est maintenant temps qu’une initiative soit prise pour refermer la parenthèse ouverte en 1983 ! Car le risque est grand d’une décennie de récession, le risque est grand du désespoir dans la jeunesse sacrifiée, de troubles qui en seraient les conséquences et du recul des conditions de vies de millions de personnes.
Les candidats qui souhaitent la justice sociale doivent s’exprimer sur ce point et faire preuve de créativité. Prenons un exemple de l’actualité de cet hiver : la hausse du prix de gaz ; le marché était censé permettre une plus grande satisfaction des consommateurs et à moindre coût ; il serait intéressant d’entendre la rapporteure générale du budget du Sénat qui a rédigé en 1999 un rapport parlementaire préalable à la transposition de la directive européenne sur le marché du gaz et qui soutient le candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2012. Simple exemple mais d’importance car il touche la vie quotidienne de millions de françaises et de français, car il rappelle que la dernière fois que la Gauche a gouverné, elle a n’a pas mis de frein au démantèlement des services publics.
La parenthèse doit être refermée et pour cela les moyens à la disposition d’un gouvernement et d’une assemblée nationale existent. Nous vous invitons à interpeller les candidats sur ce sujet. La forme que prendra la gestion puis la sortie de crise en dépend.
Rendons à César ce qui appartiens à Liem Hoang-Ngoc auteur en 2005 de "Refermons la parenthèse libérale !" Derniers articles
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