Comité Cincinnatus       
                   Groupes d'études et de propositions pour les actions politiques, économiques et sociales. Paris

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Travail et richesse

  • POUR UNE JUSTE RÉPARTITION DES RICHESSES

    Le 4 août 2004

    Depuis plusieurs années, par les médias, photos, reportages, documentaires, .. la réalité d’un monde profondément inégalitaire s’impose à tous. Inégalités entre riches et pauvres à l’évidence, mais aussi (...)

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La cité

  • Sauver les retraites par répartition

    Le 19 mai 2009

    1. Un objectif sauver les retraites par répartition Le sauvetage du régime de retraites par répartition qui est (comme pour le régime de santé) l’expression de l’idéal républicain de solidarité doit (...)

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Travail et richesse

  • Crise financiére et économique. Que faire ?

    Le 28 novembre 2008

    La crise de 1929 avait conduit à la mise en place de nouvelles règles financières, concrétisées par les réformes de l’après-guerre. Grâce à ces réformes, il n’y a pas eu de crise majeure pendant plusieurs (...)

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Point de vue

Trop tard ?

Paris le 26 Avril 2010 - Le FMI a publié le 20 avril 2010 son « Rapport sur la stabilité financière du monde- Avril 2010 » qui actualise sa vision du risque financier systémique mondial en le plaçant sur « la détérioration des soldes budgétaires et la rapide accumulation de dettes publiques ... ». Pour le FMI, une action doit donc être entamée par les Etats pour lancer des politiques de rééquilibrage des finances publiques à moyen terme et pour participer clairement à la mise en place de nouvelles régulations afin de mener à terme le travail de stabilisation et le formatage du secteur financier. Or le monde n’est pas homogène, et la différence de situation des Etats-Unis, de la Chine et de l’UE est grande. En forçant le trait, si l’Asie est confortablement installée sur ses excédents, si les Etats-Unis retrouvent le chemin de la croissance, l’Europe semble suicidaire par idéologie et/ou vieillissement et/ou impuissance. La situation n’est pas la même dans le duopole Chine-Etats-Unis dont le partenariat et les disputes marquent la dualité coopération/conflit entre le débiteur et son créditeur.

 

Suivant ces considérations, au risque de répéter les commentaires déjà entendus et lus de ci de là, il est nécessaire de faire appel à la raison et à la clairvoyance quant à la situation économique et sociale qui s’annonce. Pour l’Europe, au rythme et à la façon dont l’économie et le secteur financier fonctionnent, et dont les situations sociales évoluent, le Comité reste inquiet et sceptique quant à la capacité des politiques (ou plutôt des non-politiques) mises en œuvre par les pouvoirs actuels dans les pays européens à diminuer la probabilité de crises économiques et sociales de grande ampleur dans un proche avenir. Alors que l’Asie (Chine et Inde) continue de connaître une croissance forte visant le rattrapage à terme du niveau de vie des pays de l’OCDE et que les Etats-Unis semblent en passe de renouer avec une croissance durable grâce à la politique volontariste de l’équipe Obama, il faut constater que dans l’UE en général et en France en particulier, beaucoup se résignent par peur ou par fatigue, et que la réalité de la construction européenne est enfin perçue par le plus grand nombre comme une complexe et opaque construction incapable de résister à la première difficulté sérieuse, comme une illusion trompeuse comparée avec les discours et les espoirs.

 

Pour des raisons détaillées par ailleurs (déficit budgétaire des Etats, ralentissement économique et absence de mesures fortes de relance, délocalisations, chômage, …), nous ne pensons pas que la crise soit en cours de lente résorption en Europe, ni que la croissance globale des économies européennes sera au rendez-vous dans les prochains mois, ni que les comptes publics pourront renouer aisément et sans drame social avec des taux d’endettement raisonnables, c’est à dire avec des niveaux de déficit et des charges de la dette pour les Etats qui soient en ligne avec des taux de croissance espérés. Au contraire les annonces de reprises avancées au début de l’année 2010 se heurtent à la vérité des chiffres, des situations et des prévisions. Situations si périlleuses au regard des marchés financiers que la viabilité de l’euro pourrait être compromise, si la Grèce en demandait sa sortie. Et c’est le FMI qui a montré le chemin qui pourrait permettre un redressement, pas la BCE, pas la Commission, pas même le Parlement Européen.

 

En cela la Grèce est un marqueur de référence, car il est à ce jour assez probable que sans une profonde réforme des systèmes financiers, sans une politique de relance économique, sans la lutte pour la re-industrialisation des pays européens, sans la protection résolue des marchés européens et la mise en place des conditions d’une concurrence équitable et sans refonte importante des systèmes fiscaux, il est probable que d’autres pays suivent le même chemin ou presque. La Grèce se révélerait alors comme le premier maillon, le plus faible, d’une chaîne de « faillites » d’Etats européens.

 

Comment alors réagiront Bruxelles, l’Allemagne et la France ? Ni eux, ni le Royaume-Uni, lui aussi en difficulté, ne pourront se sacrifier pour sauver le Portugal, l’Italie ou l’Espagne. On assistera alors à une dégringolade des budgets publics d’investissement, de protection sociale et donc à une augmentation du chômage, entraînant une baisse de la consommation des ménages et donc une récession profonde qui se paiera forcément au niveau politique. Ces dernières semaines, de nombreux économistes parmi les plus fiables ne voient dans le plan de sauvetage des finances publiques de la Grèce qu’un répit de quelques mois tant que rien n’est résolu au fond. Ainsi le mouvement de protestation grec, qui aura sûrement un écho dans toute l’Europe, pourrait être l’amorce d’une situation sociale européenne très tendue. Comme nous l’avons déjà évoqué, et on peut avancer que le résultat des élections régionales en France en est le premier signal, les risques de bouleversements sociaux et politiques seront probablement à la hauteur des incapacités des Etats et des sacrifices demandés aux plus humbles.

 

Comptant sur la force pédagogique que fournissait la crise financière, nous avions applaudi en 2008 au retour en grâce des thèses keynésiennes, de l’Etat régulateur et encouragé les responsables politiques et économiques à avancer résolument dans l’épuration et la régulation d’un système financier créateur de déséquilibres et de risques économiques et sociaux inacceptables. Force est de constater que la socialisation des pertes a été réalisée mais que la privatisation des profits est demeurée inchangée. Les Etats se sont endettés au-delà du raisonnable pour sauver leurs systèmes bancaires nationaux alors que la plupart des acteurs de la finance annoncent des résultats excellents, distribuent des bonus à leur traders et poursuivent leurs activités à risque « business as usual ». Les intentions fermes énoncées lors du G20 de 2009 sont restées lettres mortes, les « hedge funds » continuent de prospérer, comme les paradis fiscaux après la bourrasque qui continuent d’offrir leurs services.

 

Serait-il trop tard pour inverser ces tendances lourdes de menaces ? Il est permis de le penser. Sans de nouvelles coordinations des politiques financières et budgétaires, ou à tout le moins des outils de régulation financière et budgétaire à l’échelle européenne, l’hétérogénéité des économies de la zone euro restera une contrainte irréductible et probablement fatale à l’Europe. Le pacte de stabilité n‘étant plus respecté, les accords sont de fait devenus caducs et les écarts de situation entre des pays comme l’Allemagne et la Grèce portent en germe depuis la création de l’euro sa propre fin. Chaque jour qui passe est un jour perdu pour rétablir un espoir, définir et lancer des politiques de création d’emplois stables et de qualité, stopper délocalisations et désindustrialisation, définir une réforme fiscale, remettre les finances au service de l’économie réelle, … . Les égoïsme nationaux veillent, la construction européenne et ,rappelons-nous, le Traité Constitutionnel Européen qui avaient été dénoncés, s’avèrent d’une vertigineuse inefficacité. Le projet européen imaginé par ses fondateurs après la seconde guerre mondiale est moribond. La raison qui conduit logiquement à promouvoir une relance pour un marché d’un demi-milliard de personnes, pour une région du monde en avance sur le plan social comme sur le plan des atouts technologiques, se heurte encore à des dogmes, à des choix à courte vue. Alors que l’opinion publique et les citoyens conscients des énormes enjeux pourraient se mobiliser et affronter des échéances difficiles, la plupart des dirigeants sont incapables de voir loin et ne proposent aucun dessein à moyen terme, sauf à nouveau des coupes sombres dans les budgets publics et sociaux.

 

 

Pour ce qui concerne la France, l’échéance de l’élection présidentielle de 2012 constitue à ce jour l’horizon indépassable sur lequel vont se déployer les propositions de programme des candidats. Le Parti Socialiste semble avoir pris en considération la majeure partie de ces problématiques de sortie de crise. En pariant sur une alternance à gauche en 2012, il va falloir attendre pour voir les effets des politiques crédibles de sortie de crise, peut-être 2015. Or l’Europe est au bord du gouffre, les menaces d’une déflation pèsent sur l’Euro. La réalité sociale et économique de la France ne va-t-elle pas connaître d’intenses séismes, pourra-t-elle attendre et se plier à cette échéance artificielle ? Un nouveau président et son gouvernement vont-ils pouvoir continuer longtemps à concilier l’inconciliable et pourront-ils disposer du temps suffisant pour éviter une crise sociale majeure ?

 

 

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